dimanche 8 mai 2011

45 YEARS PARTY PEOPLE



Je suis né avec les Beastie Boys. 1987, Licensed to Ill. L'année où je suis devenu fêtard. A Saint-Luc, en classe, on fantasmait une boum pareille à celle du clip de Fight for your Right et on cherchait à se procurer du Spanish Fly, douteux aphrodisiaque mexicain qui a plus de chance de couler le côté pile du slip que d'en tendre la face. Check Your Head, la putain de claque. Ca me rendait complètement dingue, au concert, je me suis même jeté dans le pogo. Après, bon... Sans être totalement nuls, les derniers albums des Beastie Boys n'avaient pas ce feu sacré qui les caractérisait jusqu'en 94-95. Intergalactic, je déteste ce morceau. Le trio semblait usé, ce qui ne parassait que normal : peut-on raisonnablement demander à quelqu'un né au milieu des années 60 d'encore rapper, surtout de cette façon hystérique et bondissante, 25 ou 30 ans après ses débuts ?

Finalement, après une décade de doute, la réponse est oui. Et c'est une excellente nouvelle. Hot Comittee Sauce Part Two, le retour aux sources de la déconne et au dégagement de patate au gabarit de grosse grosse boule disco. Bien sûr, cet album n'apporte rien à l'histoire de la musique et encore moins à celle du groupe, dont les heures les plus glorieuses sont déjà un vieux dossier. Il apporte le sourire, par contre. L'envie de sauter en l'air, de prendre des poses de MC devant son miroir. D'hurler. De headbanger. De danser. De se prendre des gamelles en skate. De se pochetronner misérablement. Feu de Dieu. Forme olympique. Patator style. A 45 balais et à demi cancéreux pour l'un d'eux, les trois zigotos réussissent à sonner plus djeunes et énergiques qu'une majorité de rappeurs de la génération Y, plutôt nés fatigués avec un bagage génétique de véritables abrutis. C'est un album de gros fêtard, de jeanfoutre, d'éternel adulescent. De morveux punk. Tout ce que les Beastie Boys avaient oublié d'être en se prenant pour des musiciens de jazz-funk et des New-Yorkais nostalgiques de l'époque où les Twin Towers existaient encore. Un album à l'ancienne, touillé par des anciens mais en fait destiné à tous les wankers de 7 à 77 ans. Ce qui fait du monde. Un disque sinon aussi complètement idéal à cette année 2011 où l'été semble avoir de bonnes chances de durer six mois. Bande sonore parfaite du farniente rigolard et de l'indolence jardinière, cet album ne procure que bonheur, joie, petits bonds et pogos. Kicking !

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