mercredi 21 mars 2012

AND THE HEAT GOES ON...


De la « dance music industrielle » pour « danser sur des chardons, des tessons, des glaçons ». Pour une fois, j'aime bien la formule utilisée par ces idiots des Inrocks au moment de décrire la compilation Metal Dance, sortie sur Strut, une sélection de 28 morceaux classiques ou rares tirés de la sphère industrielle/post-punk/EBM des années 1980-1988. J'aime bien la phrase, parce qu'elle claque, mais je ne suis pas du tout d'accord avec ce qu'elle raconte. Comme le jeune Alain Delon, c'est joli mais c'est con. Parce que cette musique n'est pas froide, déjà. Du tout ! Derrière les machines, il y a des mecs, derrière les mecs beaucoup de drogues et derrière les drogues, des utopies de bandes sonores pour villages globaux.

Il n'y a pas plus grosse connerie que ce cliché voulant que la musique industrielle à vocation dansante n'ait été qu'un truc de blanc-bec de droite se prenant pour un robot. Dans les années 80, pour un disque du genre Kraftwerk qui sortait du frigidaire, il en tombait trois du cocotier qui intégraient des basses rasta, des congas, des rythmes africains, des chants arabes, parfois même des instruments folkloriques et, au minimum, une bonne dose de funk. Le côté expérimental du truc, ce n'était pas de repousser les limites de l'audible, il s'agissait plutôt de tenter des chocs culturels inédits (funk et bruit blanc, Afrique et machines, Cuba et Sheffield...). Tout le côté növö, androïde du futur, c'était la frime du moment, le décorum, et c'est ça qui est aujourd'hui horriblement ringard, juste bon à intéresser les modasses et les tarlouzes. La musique en tant que telle, elle est certes un peu datée, parfois trop carrée, mais derrière la forme, je ne perçois pas que l'esprit d'une époque révolue, il y a aussi le même élan qui fait que, depuis toujours, des gens bougent leurs culs comme des diables au son des tambours et puis, au bout d'un long moment, se sentent tout bizarres.

Durée, patterns, répétition, rythme, transe, il s'agit tout simplement de convoquer la rencontre du primitif et de la technologie, du cosmique et des poils qui puent. De faire en sorte que les gens, à force d'écouter cette musique, commencent à avoir furieusement envie de baiser, de tout casser et de croire à une puissance spirituelle supérieure. L'ayant interviewé le temps d'une rencontre sinistre et plusieurs fois vu foiré un dancefloor, je considère le sélectionneur Trevor Jackson comme un gros abruti prétentieux mais force est de reconnaître qu'avec cette compile, il a eu la main heureuse, la bonne idée de faire prévaloir le groove plutôt que l'étalage de culture alternative. Stanton Miranda, Severed Heads et autres Jah Wobble sont certes des classiques générationnels pour vieux clubbeurs, il n'en demeure pas moins ça reste surtout de putains de grosses machines à danser. Hier comme aujourd'hui.

1 commentaire:

  1. Les Inrocks ont, à l'époque, complètement dénigré ce genre de zik, et voilà qu'ils sortent une compil'. Ce torchon est vraiment naze de naze.

    RépondreSupprimer