vendredi 6 avril 2012

PIRE QUE DU ED WOOD


Il y a ce film, Bellflower, qui devient tout doucement culte : repéré à Sundance, bon buzz critique, tout le toutim. Sans forcer, c'est je pense la pire merde qu'il m'ait été donné de voir de mon existence entière et pourtant, depuis 1969, j'en ai bouffé du navet, à la tonne, y compris avec des bouts d'Aldo Maccione, Jean Lefebvre et Bernard Menez dedans. A part qu'une des deux meufs est une sacrée bonnasse, rien ne m'a plu dans cet exercice masturbatoire pseudo-social mené par un quatuor d'acteurs à demi mongolos, à côté de qui Beavis & Butthead ressemblent à des dignitaires d'une compagnie shakespearienne. De fait, le principal supplice, qui tient carrément de la goutte chinoise tant il se répète, ce sont les dialogues et leur nombre incalculable de « cool », « totally awesome » et autres «seriously, dude ». Après, il y a le semblant d'histoire, véritable exercice pour psychanalystes du mercredi après-midi.

Nous avons donc deux potes fans de Mad Max qui passent leurs journées à se défoncer et à construire une bagnole équipée d'un lance-flammes, au cas où surviendrait l'apocalypse. L'un des deux, pas très détendu du slip, se tape une chose mi-meuf, mi-thon, visiblement sa première fois. Elle le trompe, il disjoncte et s'imagine alors plein de trucs bien couillons dans son petit ciboulot, notamment que son ex lui fait tatouer une moustache et des rouflaquettes ridicules sur la gueule et que tout son entourage se met à mourir ou à drôlement saigner. That's it. Seriously, dude. Quand on sait que le mec qui a pondu cela a passé trois ans dessus, joue dedans et considère ce film comme capable de le sauver de sa vie de slacker, que pouvons-nous dès lors conclure, mon cher Sigmund ?

Ach, que tout cela est très symbolique, bien évidemment, mais d'un symbolisme encore très anal. L'automobile est le symbole du film en soi, les protagonistes y mettent tout leurs espoirs, toutes leurs énergies. La grosse angoisse, c'est que la copine/le public délaisse le personnage/le réalisateur et qu'après, le tatoueur/la critique se foute grave de sa gueule. Il prévient : si ça se passe comme ça, ça sera la fin du monde et il brûlera même des gens au lance-flammes. Bref, pas content, notre jeune ami va en mettre partout. Kakabüm. Du joujou avec son popo, on passe ensuite au joujou avec son zizi quand certains vont crier là à la quintessence du cinéma indépendant américain. Auquel cas, la meilleure réponse tient dans un paragraphe de cette critique-ci, où il est dit que tant dans le cinéma indépendant que dans la musique « indie-rock, pop ou folk », c'est désormais le règne du nombrilisme, la passion du « rien-dit, de l'égocentrisme et du culte rétromaniaque du médiocre ». Yeah, dude. That is totally awesome.

1 commentaire:

  1. Merci pour le lien ! :)
    Nos avis se rejoignent donc sur ce triste film...

    Ravi de découvrir ton blog !

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