mercredi 1 août 2012

PREM'S SUR LA HYPE


J'ai retrouvé un vieux texte refilé à un gars du nom de Kooolman pour un projet participatif du temps où je ne faisais pas la guerre à tout ce qui bouge dans la branlosphère belgo-wallonne et j'ai été très étonné de ne pas en être honteux. Le voici ressurgi des profondeurs des internets : 

Fin novembre 1989, un peu en retard pour mes 20 ans, le cosmos, l’armée américaine ou une étrange maladie du cerveau dont c’était le premier symptôme, m’ont offert un OVNI. Une vraie boule dans le ciel, ouais, qui bougeait selon une trajectoire bizarre, impossible ; grossissait et rapetissait en moins de temps qu’il ne faut pour s’en étonner. J’étais dans les bois de la région de Spa, à plat ventre derrière une grosse bûche, un fusil-mitrailleur pointé sur un sentier. J’étais milicien et mon peloton était en exercice nocturne. Du sentier allait surgir la patrouille soi-disant ennemie et nous allions devoir crier pan-pan avec toute la conviction du monde pour montrer aux chefs que nous étions de vrais tueurs ; que si ça avaient été des Russes sur ce sentier gelé et non de pauvres trouffions d’une compagnie flamande, ça aurait été un véritable carnage.

Ca me faisait chier de jouer à la guerre et je n’avais pas peur d’être puni puisque puni consistait principalement à nettoyer des chiottes et des bureaux. Soit passer sa vie à l’intérieur de la caserne chauffée, ce qui est toujours mieux que de courir dans la neige ! J’étais frigorifié, j’avais envie d’une clope, d’un lit, d’un bouquin, d’un grog et surtout, d’être démobilisé. Je l’avais mauvaise mais la nuit était belle et c’est en admirant ce ciel d’hiver que j’ai remarqué l’anomalie, l’OVNI. J’ai depuis raconté des milliers de fois comment ça bougeait ; qu’il n’était pas possible de confondre avec une étoile, un avion, un laser de discothèque ou le phare d’un hélicoptère. Mon histoire d’OVNI, c’est la petite anecdote que je radoterai systématiquement quand je serai grand-père, celle qui fera rire ma descendance et soupirer les infirmières de l’unité de soins palliatifs. Mon histoire d’OVNI, je n’ai pas de honte à la raconter, je me fous même totalement que l’on me croie ou non.

Dans les bois, ce soir là, nous étions une cinquantaine à faire semblant de nous tirer dessus et j’étais le seul le pif en l’air, complètement subjugué par ce que je voyais. Personne d’autre n’a vu ce machin parce qu’ils étaient tellement horrifiés à l’idée de peler des patates qu’ils hurlaient tous « pan pan » comme des cons en se concentrant sur les Flamands qui se faisaient niquer sur le sentier. Moi, j’étais là à indiquer le ciel et ils me criaient tous de la fermer, que j’allais énerver le sergent, qu’il fallait que je crie « pan pan » moi aussi. Etre témoin d’un truc qui n’est pas sensé exister, ça marque ! Alors, j’ai cherché des réponses, lu tous les bouquins pourris, vu tous les documentaires crétins. Cette connaissance de théories à la Jacques Pradel, je m’en serais bien passé. Il ne s’agit pas d’une croyance, j’ai vu un truc qui a déstabilisé ma vision du monde et j’ai tenté de réparer l’anomalie, avant de décider de m’en foutre, sans quoi j’en serais probablement aujourd’hui à courir les symposiums d’illuminés !


Mon OVNI, il est sur un film amateur tourné dans la région des bases militaires du Nevada. Quelques secondes paumées au milieu d’un festival d’« images chocs » en toc et de « révélations inédites » tartignolles. Quelques secondes pour me rappeler que je ne suis pas cinglé, que d’autres ont vu la même chose que moi, que ce n’est pas un phénomène unique mais bien un truc qui se répète sous d’autres cieux… Signes avant-coureurs d’une invasion planétaire ou preuve que les Américains ont une armada prototype de oufs, ce n’est pas mon schbinzz. Moi, je tiens juste à souligner que j’ai été prem’s sur la hype, que les OVNI belges, j’y étais dès le premier soir !

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