mardi 28 août 2012

RETOUR DANS LES CHAMPS MAGNETIQUES



J'ai pas mal écouté Baxter Dury, Gravenhurst et The Brian Jonestown Massacre cette année mais tout cela relève de la navigation en terrain connu, balisé. C'est gentil, très agréable, addictif même, mais il n'y a là rien qui risque de briser les os du cul. Et puis, voilà qu'un pote poste hier soir un clip de Pye Corner Audio sur sa page Facebook et là, c'est la reconfiguration immédiate du cerveau, la tempête dans le slip, le coeur qui s'accélère, la joie d'enfin se coltiner quelque-chose qui échappe au tout-venant, aussi bien ficelé soit-il. Je retrouve chez Pye Corner Audio ce que j'ai admiré chez Coil ou Genesis P-Orridge, par exemple : une musique intransigeante certes mais, surtout, qu'au-delà des sons, il y ait une proposition de monde, un challenge intellectuel, une invitation à visiter des univers réellement marginaux ; où ça parle dans un beau brouillard bien fumeux (fumiste?) de vieilles machines, de science-fiction d'un autre temps et d'occultisme des campagnes britanniques. Vu mon background, quand j'écoute Pye Audio Corner, je m'imagine Yul Brynner marcher d'un air menaçant des minutes entières dans les couloirs vides d'un laboratoire d'entretien d'androïdes et John Carpenter, travaillant pour le coup avec Chris & Cosey, intégrer dans ses compositions les influences les plus sombres issues de la new-beat et de l'electro pré-techno. C'est tout à fait ça, Pye Corner Audio : une machine à fantasmes, à hyperliens, à souvenirs, à projections. Du revivalisme très méticuleux et très nerdy (bien davantage que chez Zombie Zombie, dans un genre pourtant proche) qui fait travailler l'imagination, les rêves, les sensations étranges, les réminescences. Une musique un peu passéiste, certes, mais aussi tout à fait apte à hanter n'importe qui s'étant déjà questionné sur le post-humanisme, le spleen nocturne des grandes villes éclairées au néon et l'aspect mortifère des autoroutes à 4 heures du matin, pour synthétiser le tout, le genre de proposition à la JG Ballard, à la PK Dick. En gros, un projet qui s'inscrit dans une longue, belle et grande tradition. Celle de la musique qui peut rendre dingue et qui s'adresse au cerveau plus ou moins conscient bien davantage qu'aux guibolles et à l'estomac.  



PS : Le Black Mill Tapes Volume 1 (2010) est juste monstrueux! 

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire