lundi 24 décembre 2012

BEST OF MUSIC 2012 : MA VIE SANS MEGAUPLOAD


Sans Megaupload et plus du tout critic-rock (rien publié nulle part du genre chronique CD, une première cette année!!!), j'ai surtout redécouvert en 2012 le plaisir immense, perdu et anachronique, de savourer des disques sans parvenir à les épuiser, de les écouter des dizaines, voire des centaines de fois, sans avoir envie de zapper ou d'aller downloader la dernière hype par simple curiosité ou devoir journalistique. Cette fermeture aux sollicitations permanentes doublée d'une disponibilité de temps cerveau intégralement consacrée à ce que je kiffe réellement, c'est un grand changement dans ma vie et ça a totalement bouleversé mon rapport à la musique. J'ai ainsi du écouter le Happy Soup de Baxter Dury 2 à 4 fois par jour pendant bien 6 mois et il en est de même (ou presque) pour la plupart des références qui suivent. C'est pas très 2.0 comme attitude mais ça fait un bien dingue !

1. Gravenhurst : The Ghost in Daylight
Ouais, cet album est moins bon que les précédents sortis par Nick Talbot. Il distance pourtant sans forcer n'importe quel autre machin d'indie-pop-rock boutonneux rêveur (genre Beach House, allez). Parce que plus habité, plus hanté, plus émouvant, plus adulte, mieux vécu... et pas juste là pour épater le lectorat de Pitchfork. Un disque, comme tous les autres du même gars, qui tient du classique instantané et dont on parlera dans 30 ou 40 ans comme on parle aujourd'hui des albums de Nick Drake, Tim Buckley et autres génies passés inaperçus (ou presque) du temps de leur vivant.

2. The Brian Jonestown Massacre : Aufheben
Il y a 10 ans, le fils caché de Charles Manson et Satan passait pour un nazi sacrément doué dans l'art de fabriquer du rock revivaliste pour collectionneurs de disques. Aujourd'hui, le génie arrogant s'est un peu évaporé et l'Anton Newcombe apaisé de 2012 semble plus devoir aux Bisounours et à Stéréolab qu'aux démons d'Altamont. Aufheben est presque un disque pour enfants, qui respire bien davantage l'amour et la joie de vivre que la défonce et la paranoïa. Humainement, on est contents pour lui. Et comme lui fait tout pour rendre contentes nos oreilles, c'est un échange parfaitement win-win.

3. Scorpions Violentes : The Rapist
Le mongolo élevé au rang d'art majeur. Comme si les Ramones faisaient du John Carpenter ou que Gwar s'était mis à l'electro minimaliste punk. Juste énorme et ce n'est que (quasi) le début des aventures de ce groupe adorablement timbré.

4. Daphni : Jialong
Ca ne respecte aucune recette établie, ça ose des choses à priori insensées, ça frappe pour faire mal, ça n'hésite pas à se répéter jusqu'à rendre dingue. Une certaine idée de la dance-music quand elle ne recherche que le plaisir pur et non pas se la péter grave (n'est-ce pas, Actress?)

5. Peaking Lights : Lucifer
Un duo de vieux hipsters américains prétentieux fabrique de la balléaric de contrebande comme Sheer Taft et William Orbit en faisaient à la fin des années 80. Comme dirait Karl Zéro, méfions nous des imitations. Sauf que n'importe quel douanier ou expert s'y tromperait. Taste the unoriginal.

6. A Place to Bury Strangers : Worship
Un groupe noisy peut-il devenir poppy sans s'aliéner une partie de son public ? La version 2012 de l'éternel débat tient dans ce disque, pas aussi « patate dans ta face » que le précédent mais tout de même très efficace quand il s'agit de booster sa bonne humeur rock and roll.

7. K-Holes : Dismania
J'ai déjà dit tout ce que j'avais à en dire ICI.

8. Nice Face : Horizon
Electro garage débilus profondus, entre Iggy & The Stooges, Suicide et Sigue Sigue Sputnik. Assez sexy et plus malin, goutu et étonament durable que bien des concurrents du secteur.

9. Thee Oh Sees : Putrifiers II
Comme avec Gravenhurst dans l'indie-rock, un album moins bon que les précédents de Thee Oh Sees reste néanmoins un Carl Lewis de son secteur, en l'occurence le garage rock psyché un peu hippie, un peu slacker.

10. Skank Manor : Démo album
J'ai un pote qui a fait un album de dub, à la Basic Channel, à la Terranova. C'est complètement anachronique, dans un style dont je me fous généralement pas mal, mais je kiffe toujours. Des mois après avoir pondu le presskit. C'est comme ça, sincère, et pas juste de la pub.

(+ seconde session)

Total Control : Henge Beat (2011)
New-wave pas gentille par des surfers australiens. Interpol version gogole. Donc grave.

Catholic Spray : Amazon Hunt (2011)
Ca ressemble à du boucan purement morveux et chaque morceau tient en fait du véritable hymne, avec refrains imparables, niaque rock and roll rare et élégance au top (ca)niveau.

Pye Audio Corner : Black Mill Tapes Volume 1 (2010)
John Carpenter s'est perdu dans la campagne anglaise. Adeptes du Wicca aux synthés, loups-garous sous MDMA, païens en retour de rave vouant un culte sacrificiel au Bonhomme d'Osier... Yeah, ce genre d'ambiance!

Grinderman 2 : Remixs (2011)
J'ai toujours préféré Nick Cave quand il ne se prend pas très au sérieux et qu'il sort un peu de ses clichés Grand-Guignol comme ici, pour flirter avec l'electro.

MIXS & COMPILES

Andrew Weatherall @ Dalston Superstore
D_R_U_G_S 108 Mix
Daphni Live from The Bussey Building
Johnny Jewel Let's Kiss Sunday Morning Mix
Jeff Mills & L'Orchestre d'Ile de France @ Salle Pleyel
Trevor Jackson presents Metal Dance

2 commentaires:

  1. "J'ai ainsi du écouter le Happy Soup de Baxter Dury 2 à 4 fois par jour pendant bien 6 mois "

    Pareil pour moi... Grand disque et chouette concert au Bota...

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  2. Allez, mon hymne 2012:
    ohohooohooo parapapaaaaa
    http://vimeo.com/44513897

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