mardi 19 juin 2012

RESULTATS DU LOTTO

Le 7, le 7, le 7, le 7, le 7 et le numéro complémentaire, le 7.
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vendredi 8 juin 2012

SAUVEZ LE CINEMA, EXTERMINEZ LES GEEKS!



C'est indéniable. Blade Runner tient sur un prémisse totalement tartignolle. Vous êtes une corporation d'armement et de loisirs surpuissante, avec à sa tête un génie quasi divin et vous construisez des Répliquants. Il s'avère qu'ils présentent un danger pour la population humaine. Que faites-vous ? Vous comptez sur les flics et leurs brigades de psychologues licenciés pour les "retirer" de la circulation, capables de retrouver vos appareils défectueux après des heures et des heures de traque et de tests compliqués ou alors, vous calez DES PUTAINS DE GPS dans vos cocos en plastoc et vous imprimez aussi sur leurs fronts UN PUTAIN DE SIGNE DISTINCTIF PERMETTANT DE LES RECONNAITRE AU PREMIER COUP D'OEIL ?

Pareil côté réalité. Vous êtes à la tête de ce film. Vous le voulez philosophiquement vertigineux. Qu'est-ce qui est le mieux dans ce cas ? Un flic répliquant ignorant l'être ou un flic humain, seul, triste, brisé, perdu, qui se met à jalouser la perfection de ceux qu'ils traquent, jaloux et paumé au point de tomber amoureux d'une machine, désirant au plus profond de son être détraqué sans doute lui-même en devenir une ? Tout ça pour dire que Ridley Scott, visionnaire et maître de la SF hollywoodienne contemporaine, moi je pense que mon cul. Depuis les director's cuts d'Alien et de Blade Runner, j'ai même comme le soupçon que les films originaux sont deux chefs d'oeuvres accidentels, soigneusement charcutés par un mec de studio au cerveau un peu plus sain que les autres à partir d'un matériau de base qui tient davantage du comic-book beauf à la Luc Besson que des films ramassés sur eux-mêmes qu'ils sont devenus, aux trous scénaristiques à remplir de ses propres vertiges.

En roue libre, Ridley Scott fait n'importe quoi. La preuve par Prometheus, film pas complètement ennuyeux mais totalement embarrassant. 30 ans qu'on nous dit que ce type est le maître de la science-fiction moderne, 2 ans que plane l'idée qu'il va nous imposer un testament mystico-nihiliste avec la bénédiction de ce gros tordu de HR Giger. This time, it's personal, a-t-il fanfaronné. Tellement personnel qu'il nous mélange Lost, Star Trek, un peu Pitch Black, voire même carrément Event Horizon et Mission To Mars. Le tout saupoudré de questions philosophiques qui ne s'assument pas, le pitch de base étant clairement dans une logique où l'existence de dieu devrait se démonter au pied de biche mais la question, pirouette soudaine, restant finalement ouverte, sans doute pour ne pas déplaire aux bigots dans la salle. Film à se chier dessus ? Pas du tout, la seule scène vraiment crispante et hystérique, celle de l'opération, arrivant tellement n'importe comment, n'importe où, qu'elle n'apporte rien qu'un peu de trashitude gratuite au milieu d'un océan de conventions nettement plus pépères.

Alien était très stressant sur la fin, Blade Runner avait son rythme à lui, bizarre. Prometheus est du tout-venant hollywoodien contemporain, à la Nolan, à la Cameron, du bombardement d'informations et du mitraillage de retournements de situations qui détournent l'attention des incohérences énormes du script. Du cinéma de geeks. Rien de personnel. Sauf la couille. En effet, comme dans Blade Runner, on a une corporation surpuissante, gérée par des gens brillants, géniaux, et ceux-ci, au moment de claquer des milliards de dollars dans une mission incertaine vers un lieu isolé habité de créatures probablement étranges aux motivations inconnues, hé ben, ils refilent le job à des types vénaux, alcooliques, baisouilleurs, froussards et rebelles. ALORS QU'ILS ONT DES ANDROIDES BIEN DOCILES !!! DES ANDROIDES QUI PARLENT LA LANGUE PROBABLE DE CES TYPES A DEMI DIEUX!!! Et c'est là que moi, j'ai la vision d'un Prometheus avec 17 Michael Fassbender (seul vraiment chouette perso du film) programmés pour traquer le créateur de l'humanité et le ramener sur Terre. Voilà qui aurait de la gueule, qui serait source à la fois d'humour et de vertiges, de performance technique aussi, et aurait ces côtés psychédéliques et déstabilisants obligatoires à toute bonne science-fiction. Voilà qui me paraîtrait digne d'un « maître de la science-fiction contemporaine », au crépuscule de sa vie, rendant pour le coup aussi hommage à Giger, Jodorowsky, Moebius, Clarke, Asimov, Bradbury et Dick ; à tous ces véritables visionnaires pompés volontairement ou non sans qui Scott n'aurait pas l'estime qu'il a en termes de SF.

A la place, Prometheus démontre plutôt qu'il n'y a plus rien à attendre d'Hollywood, qui a totalement geekisé ses anciens et reste lancé pour au moins 30 ans encore dans l'exploitation maladive de filons aussi pourris que l'idée d'utiliser des personnages secondaires pour relancer une franchise ou de gonfler des pitchs de série Z en blockbusters. Sans compter les sacrilèges strictement commerciaux, vénaux même, par rapport au patrimoine cinématographique. Apocalypse again, Taxi Driver 2 et Scarface : The Cuban Years, on y est presque. Ca n'a jamais été aussi clair.

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mardi 5 juin 2012

EASY BUZZ




+





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(met de chineezen de potten maar niet met de mijne, hé, ventje)
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vendredi 1 juin 2012

SE TOUCHER LA NOUILLE 2.0


My way
Critiquer publiquement, défendre une opinion. Voilà mon crime, ma dissidence, mon hérérisie. Toutes les bagarres, virtuelles ou non, que j'ai pu avoir depuis la quasi vingtaine d'années que je grenouille dans les médias, c'est de là que ça part. Je suis le « jaune », le traître, le faux frère, le type qui vendrait les saloperies à Wikileaks plutôt que de couvrir ses potes. Chaque fois que j'ose émettre un avis sur ce que j'estime être une bourde, une erreur, une encule, on ne me reproche jamais de le penser mais bien de le faire savoir. On m'accuse de vouloir me mettre en valeur, d'avoir besoin de haine et de faire-valoir pour exister, de faire le phoque à baballe pour amuser ma cour. J'ai une sainte horreur des corporations, des esprits de corps. Je vomis l'hypocrise merdeuse qui veut que ce qui passe comme un loukhoum dans un cul de chameau en réunion de rédaction puisse donner lieu à des réactions de pucelles effarouchées si c'est publié sur un blog ou sur une page Facebook. Je ricane des justiciers en frigolite qui, plutôt que de tenir compte des critiques ou de les ignorer, s'ingénient à ne pas vouloir les comprendre dans le simple but de rabaisser celui qui les pose à une caricature de sale type. J'ai connu ça dans les médias traditionnels, j'ai connu ça sur le net. Je connais ça depuis 3 jours avec Marcel Sel dans le rôle de Ba(r)tman. Ca me rappelle les vestiaires de footeux, les bizuts, l'armée. La mentalité cro-magnon, en d'autres termes.

Gonzozo
Suite au clash qui nous oppose, Marcel Sel et Ultragonzo claironnent sur la blogobulle francophone belge que je respecte trop Hunter S. Thompson et la tradition gonzo que pour comprendre leur expérience de « journalisme subjectif ». Je serais un gardien du temple qui se braque à la moindre allusion déplacée au gonzo, un réac puriste qui érige le concept en religion, « immobilise l'évolution de la contre-culture ». Jamais, on ne m'a servi un tel plat de foutaises à la nouille molle. Déjà, très sincèrement, le gonzo, je pense que c'est un truc bien marrant mais mort et que c'est très bien que ce soit mort. C'est de la blague, de la forfanterie bourracho des seventies. Toutes ces questions sur la subjectivité opposée à l'objectivité, au ressenti soi-disant préféré au fact-checking, c'est de la foutaise complète de gens qui n'ont rien capté au facteur fun de la chose, à son impertinence. Parce que n'importe qui ayant un peu lu Thompson sérieusement sait très bien que le travail de ce type s'inscrit dans une tradition de journalisme littéraire qui remonte à London, Orwell et Hemingway, aux récits d'explorateurs et d'aventuriers. Ce qui comptait pour lui, c'était une certaine qualité d'écriture, le plaisir de lecture, la confiance dans l'intelligence du lecteur et de faire part de ses observations et de ses expériences de la façon la plus cash possible. Le gonzo, c'est la justification de la défonce et de la biture, l'emballage, rien de très passionnant. Le reste, le gros morceau, ce n'était que du putain de journalisme nettement plus traditionnel que révolutionnaire et c'est là, la question principale que devrait se poser n'importe qui lançant un média : qu'est-ce j'ai envie de raconter ? Quoi plutôt que comment. Quoi plutôt que pourquoi. Une expérience sur le journalisme subjectif comme l'entend Ultragonzo, pourquoi pas ? Mais en tenant alors compte de ce qui s'est déjà fait dans le secteur et en connaissant les écueils et les impasses de ce qui a déjà été fait dans le secteur. Ce n'est visiblement pas le cas d'une majorité de gens impliqués dans le projet et c'est bien pourquoi je les critique, ces Bisounours. Pas méchamment, pas pour défendre Thompson, ni le gonzo. Je n'interdis à personne de lancer un site gonzo en ignorant pour ainsi dire tout du gonzo, du moins sa définition, son évolution, son involution et les limites du concept. C'est juste que je trouve ça con comme tout. Du personal branling. Le magasin Ultracachemire qui ne vend que du polyester et ne comprend pas pourquoi il court à la faillite et provoque les railleries.

All the way down
Il y a 4 ans je me suis cassé les ratiches sur une idée au fond assez similaire à Ultragonzo, qui s'appelait Chupacabra. De près ou de loin, depuis le début des années 90, j'ai été attaché à d'autres projets du genre, avancés ou non, tous morts parce que la principale difficulté d'un journalisme qui se veut différent ou alternatif, c'est de trouver les bonnes personnes et les bons sujets. C'est extrêmement difficile, surtout quand les projets sont bénévoles. Marcel Sel m'a reproché de critiquer le manque d'intérêt des sujets présentés par Ultragonzo. Dans sa volonté d'abaisser des critiques construites à de la bave sans importance, il se garde bien de souligner que j'ai ouvertement reconnu que c'était un problème quasi inévitable à tout projet médiatique bénévole, auquel j'ai personnellement été confronté dès 1995, quand il s'agissait de recruter des gens pour écrire dans RifRaf. Gérer un média bénévole, c'est se retrouver avec une équipe à laquelle on ne peut raisonnablement pas demander un investissement lourd. Il faut accepter des textes écrits sur un coin de table. Sans budget pour envoyer ses "pigistes" là où ça se passe, sans fric pour les motiver et leur assurer le minimum de confort, on se retrouve avec entre les mains leurs banalités parce que c'est leur seul matériel exploitable qui ne coûte rien. Avec Internet, il y a bien moyen d'un peu jongler, de gonfler des sacs, de storyfier, mais cela ne remplace pas la cogne au réel. A Chupacabra, les 3 meilleurs sujets retenus en amont étaient vraiment des trucs dingosses, jamais lus ailleurs, des promesses de récits vraiment très marquants. Ils ne m'ont jamais été livrés. Il fallait du pognon pour faire le tour de ces sujets et on n'en avait pas. On aurait pu les griller, se contenter d'une couverture assez superficielle comme le font très bien Vice ou Technikart mais on ne le voulait pas. Ces sujets sont aussi restés en carafe parce que les types censés les écrire ont bien compris qu'il y avait quelque-chose de professionnellement tortueux à livrer cela contre trois cacahouètes et une bière alors que cela pouvait visiblement générer du dollar ailleurs. Mais ailleurs, personne n'en a voulu. Parce qu'il n'existe plus de magazines pour acheter ce genre d'articles. Et que ceux qui rêvent de fabriquer la relève sont le genre de crevards méprisés des banquiers. Tout simplement. Voilà le genre de questions auxquelles j'ai été confronté durant mon expérience de journalisme participatif, alternatif, whatever, et voilà pourquoi j'estime être des gamineries sans beaucoup d'intérêt le fait de plutôt se questionner sur l'idée d'être objectif ou subjectif, gonzo mais pas trop ou fact-checkeur. C'est le fond qui souffre, la forme, on s'en branle, elle s'impose plus tard. J'ai une haute opinion du journalisme, au sens d'un récit qui raconte le réel, mis en scène ou plus factuel, à des lecteurs présumés intelligents. J'ai un amour immense pour les chroniques chiadées, les petites gouttes de Médoc dans l'océan de Sangria, tout ce qui dénote du tout-venant. C'est proche de la mort, tout cela, et il faut de plus en plus creuser pour trouver son bonheur. Médias traditionnels et tentatives 2.0 se valent pour la plupart de médiocrité et ce ne serait pas tant de leurs fautes -le contexte est particulièrement pourri pour ce genre d'entreprise, reconnaissons-le- si beaucoup de projets ne s'ingéniaient pas à s'enliser sur des sentiers qui ne mènent nulle part et, au nom de l'expérience propre, ne montrer que mépris envers ceux qui ont déjà été s'échouer là. Mon crime, ma dissidence, mon hérésie, c'est juste de ne pas être d'accord avec des types qui n'ont pour ainsi dire aucune conscience de ce qu'ils font vraiment, estimer qu'ils perdent un temps dingue, rament dans un courant déjà largement cartographié malgré leur prétention de pionniers. C'est mon opinion et je pense exposer suffisament d'arguments pour que l'on puisse la considérer autrement que comme une salve d'insultes gratuites. Sinon, allez tous vous faire mettre par la moumoute d'André Lamy, les Twittos.
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