samedi 30 mars 2013

LES NOUVEAUX CHIENS DE DAFT

Daft Punk, j'ai toujours trouvé ça nul, pauvre, exécrable même. Ils sont à la house-music ce que Dick Rivers est au rock and roll et je n'ai jamais compris comment on peut trouver ça innovant, ni même kiffant. C'est ce que les Allemands appellent du schläger-disco, niveau Bides & Musique. Ca serait inepte mais rigolo, comme les faces B de Boney M, si c'était moins prétentieux, propre, timoré et convenu. Tant qu'à taper du régressif mongolien, virez Around The World de la platine et foutez-y Charly de Prodigy, moi je dis ! Yeah !



Critiquer Daft Punk a toujours été un sport de combat, comme s'attaquer à Mylène Farmer ou à Johnny Hallyday. En 1997, dans RifRaf, j'ai émis quelques réserves quant à la qualité de Homeworks et fait comprendre qu'en interview, le duo était incapable de citer des titres d'albums d'artistes (Ween, haha!) dont ils revendiquaient pourtant l'influence. C'est quasi la seule fois de ma vie où quelqu'un du label, Virgin à l'époque, m'a téléphoné pour m'engueuler. Il y a eu un clash similaire aux Inrocks, je pense, suite à ce fameux article de Christophe Conte qui associait leur musique à celle d'un « film de boules ». C'était l'époque où les labels tapaient encore sur les doigts quand ils jugeaient la rédaction mauvaise. Aujourd'hui, ils laissent ce boulot aux hooligans de réseaux sociaux et autres nouveaux chiens de Daft.

On le voit une nouvelle fois cette semaine suite à un article plutôt bien tapé et très comique de Brain, qui se fait bien entendu largement étriper sur Facebook et autres espaces réservés aux commentaires. Le papier parle de la communication autour du nouvel album de Daft Punk, qu'il juge « moyenâgeuse ». Ca fait crier au blasphème et à la mauvaise foi. Ce qui est drôle, c'est qu'en fait, la plupart des défenseurs du groupe ont l'air de soutenir l'idée qu'à l'ère d'Internet, la meilleure communication, c'est le silence, que la réserve est le signe de tout comprendre. Ca me fait doucement marrer, moi qui garde le souvenir vif de ce que Paul Morley et le label ZTT faisaient pour Frankie Goes To Hollywood, Art of Noise et Propaganda, il y a presque 30 ans. Une com qui reste drôlement plus inventive, excitante et moderne que les trois quarts de pub -taiseuse ou tapageuse- pour disques d'aujourd'hui. Bref, Frankie says relax.