vendredi 22 août 2014

99. SEVERED HEADS : DEAD EYES OPENED

L'une des grandes idées accidentelles de la new-beat consistait à jouer des maxis 45 en 33 tours, avec le pitch monté à 8. C'est de cette façon que furent traitées dans les discothèques belges aux alentours de 1986-87 le Flesh d'A Split Second, Let You Body Learn de Nitzer Ebb, Bryllyant de Boytronic, Dub Love de Master C&J et ce Dead Eyes Opened de Severed Heads, un groupe australien qui a fonctionné de 1979 à 2007 et rejoue de temps à autre sur scène depuis. Dead Eyes Opened, qui a aussi connu un certain succès à sa vitesse normale et même une bonne position dans les charts australiens avec son remix de 1994, reste assurément leur titre le plus culte. Severed Heads en a pourtant quelques autres, en fait pas plus mal, à son répertoire, qui s'apprécient certes plus par curiosité historique que par réel enthousiasme, vu que c'est souvent une musique assez maladroite, mal branlée, typique d'une époque où pas mal de groupes se vautraient dans une espèce de dead zone car pas assez dance pour les clubbeurs, malgré une influence certaine sur Detroit et Chicago, mais trop clubby pour les Goths. Un pan musical qui me sert en fait de refuge quand je m'ennuie, où évolu(èr)ent aussi des groupes comme Psychic TV, Test Dept, Cabaret Voltaire et Chris & Cosey, à la lisière de la musique industrielle et du beat sous ecstasy; une jungle touffue où parfois dégotter des pépites et le plus souvent des morceaux inaboutis mais plein d'idées et d'enthousiasme. Pour la petite histoire, la voix sur Dead Eyes Opened est celle d'Edgar Lustgarten, un auteur de polars anglais aussi journaliste à ses heures, qui nous lit ici un extrait de Death of The Crumbles, le rapport d'une célèbre histoire de serial killer des années 20, dans le Sussex.




Severed Heads (Australie, 1979-2007, 2010-2013(?))

Tom Ellard, tête (coupée) pensante. Personnel pour le reste fluctuant au fil des ans.