lundi 18 mai 2015

IL POSE EN SELMAN RUSHDIE, CE CON

Comme beaucoup, je pense, j'ai découvert le blog de Marcel Sel durant la crise de régime de 2007-2010. Durant cette période politiquement troublée où on entendait beaucoup de conneries à la RTBF et où on en lisait aussi un paquet dans Le Soir, ses analyses et son discours sur la NVA et le blocage institutionnel me semblaient apporter un vent frais, voire même parfois souffler une certaine pertinence.
Il a toutefois été assez vite manifeste que le bonhomme manquait de finesse, de recul, d'humour aussi, d'esprit de synthèse surtout. Marcel Sel m'a paru un tantinet psychorigide sur certaines questions, bourré de parti-pris, vieillot. Il n'avait pas l'air beaucoup aimer être chicané, prenait vite des petites moqueries pour des attaques frontales et avait aussi tendance à faire mine de mal comprendre les critiques afin de mieux les caricaturer (ou peut-être ne les comprenait-il vraiment pas?). On l'a aussi vu plus d'une fois balayer de façon très suffisante des arguments polis, construits et parfaitement recevables.

Je crois que notre première prise de bec date du moment où j'ai estimé qu'il était un peu trop « belgicain » alors que moi, franchement, si je souhaite que Bruxelles reste aux Bruxellois, je me fous pas mal de l'avenir du pays en tant qu'entité. C'est une opinion, en principe, ça nourrit le débat, mais lui, il a pris ça pour une insulte. Il ne s'est pourtant jamais caché être resté attaché à l'unité du pays, ce qui n'a d'ailleurs rien de critiquable, mais il a vraiment réagi comme si je l'avais traité de pépé à demi demeuré qui défile Rue Royale avec le drapeau sur le zob chaque 21 juillet. Une réaction complètement wtf, digne d'une grosse diva, dont je me suis évidemment moqué à ma façon, c'est-à-dire sans trop de pincettes.

Peu après, Marcel Sel s'est mis sur son blog à s'attaquer à des sujets plus généraux et j'estime qu'il a là carrément montré ses limites (avec ses tartines de lieux communs sur Zemmour, par exemple). Je trouve que c'est quelqu'un qui se défend pas mal sur son terrain d'étude de prédilection, la droite flamande, mais s'avère un piètre chroniqueur dès que sorti de sa zone de confort. Là encore, lui dire, c'est l'insulter, selon lui. Or, selon moi, si on tente des choses différentes que ce dans quoi on est bon, je pense qu'il faut avoir l'humilité de reconnaître quand on patauge ou que l'on se plante. Et si on semble en être incapable, il ne faut après pas s'étonner de se faire traiter de gros péteux ou de mec à l'égo de melon.

Ultrapancho

La vraie rigolade date du pitoyable épisode Ultragonzo, un webzine à durée déterminée débile auquel nous avons lui et moi participé, sans jamais se rencontrer. J'ai raconté cette vieille affaire sur ce blog, ICI et LA. Je me suis très vite tiré de ce truc et, à cause de cette démission éclair, Marcel Sel m'est tombé dessus avec une violence assez inattendue, qu'il estimait être de l'humour de bon aloi, qu'il estimait aussi m'être due vu le rock & roll duquel je semblais me revendiquer et ma réputation de couenne dure. C'est donc assez cocasse de se rapeller que quelqu'un qui pleurniche aujourd'hui, en mai 2015, du fait d'avoir été trollé un week-end entier suite à une grosse connerie polémique s'est à ce point acharné sur ma balle en 2012 suite à une simple divergence de points de vue dans le cadre du taf, donc aussi dans celui d'une affaire privée. Publiquement, il ne m'a en effet pas lâché durant une bonne dizaine d'heures, le gros troll, devenant même par moments passablement assez hargneux. J'ai en fait même eu droit à une sorte de pamphlet entièrement pour ma gueule publié sur Ultragonzo, où son principal argument était qu'il était plus connu que moi sur les réseaux sociaux, si je me souviens bien. C'est toutefois lui qui a fini par craquer, ne supportant plus mes vannes narquoises, qu'il n'avait pas l'air de comprendre, balancées sur Twitter. Il a même fini par me bloquer.

Anne-Marcelle Selenthal is Dead

Quand on a lancé Anne-Marcelle Selenthal avec ma compagne en 2013-14, ce n'était pas un hommage, ni une parodie voulue forcément marrante, ni une vengeance, ni le résultat d'une obsession. Nous voulions en fait démonter tout ce cirque médiatique des bloggeurs francophones belges à gros Klouts par l'absurde; un cirque médiatique que je critique depuis des années, parfois même payé pour le faire. Anne-Marcelle Selenthal n'a pas tenu longtemps parce que nous avions autre chose à foutre et qu'on s'est aussi très vite lassé du concept. Quoi qu'il en soit, nous sommes tous deux des enfants des Snuls et considérions Marcel Sel comme notre Raymond Coemans et Anne Lowenthal comme notre Michel Demaret. Sauf que contrairement aux Snuls, qui trouvaient très marrants Coemans et Demaret et avaient pour eux une réelle tendresse, ni Sel, ni Lowenthal, ne nous ont jamais fait rire, sauf à leurs dépens.

Pour ma part, je les trouve tout simplement bêtes, de simples créatures issues d'un cirque médiatique débilitant, qui ont l'air de penser amener sur la place publique des débats hautement intéressants alors qu'elles ne font que générer du brouhaha mal dégrossi, mal pensé, mal branlé, le plus souvent inutile. De la pensée réchauffée, des points de vue régulièrement convenus et usés. Ces gens accaparent aussi l'espace à un point insensé et des choses bien plus passionnantes à suivre se perdent à cause de leurs buzzs et de leur tentatives de buzzs que tout le monde reprend, le plus souvent sans trop réfléchir, par habitude. Même quand on vit dans une autre galaxie, on voit passer leurs idioties sur les réseaux sociaux et c'est bien ce qui dérange le plus.

Disons juste qu'il arrive à Lowenthal de mener des actions un peu funky alors que Sel travaille surtout, je le pense sincèrement, à se faire reluire et est prêt à manipuler, à distordre les choses, pour que son melon continue de briller. Dans le débat à la con auquel nous venons d'assister, la façon dont il a fait mine de ne pas comprendre ce que lui sortait Christophe Mincke, plutôt pertinent et posé, m'a rappelé comment il m'avait moi-même embrouillé en emmenant le clash dans des sphères de plus en plus wtf. Marcel Sel dit adorer le débat mais je ne pense pas que ce soit le débat sa véritable obsession, c'est l'image que le débat donne de lui, le dernier mot. Il s'est carrément décrédiblisé ce week-end, je pense qu'il s'en rend compte, mais voilà que ce lundi dans sa dernière note de blog, il se pose toutefois en victime : il est heurté psychologiquement, il n'est pas sûr de vouloir continuer son blog, il est certain que si on a essayé de le faire taire, c'est qu'il touchait un point sensible. Autrement dit, il pose en Selman Rushdie, ce con, et c'est d'autant plus idiot qu'il se permet de prendre de haut Myriam Leroy sur le mode « t'as rien vécu, Cocotte » alors qu'elle, elle a pourtant été longuement menacée de mort par la dangereuse nébuleuse Dieudonné/Soral là où lui a juste eu 100 Twittos wallons qui se sont foutus de sa poire durant la longue glande de l'Ascension. C'est parfaitement ridicule. Ca dénote aussi d'un putain de sale esprit. Et pas de sel. De perlinpinpin. Ou même de caca. 

4 commentaires:

  1. Ce commentaire déchire tout, par contre :D

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  2. Sans aucun intérêt. On s'en fout de vos melons respectifs.

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