dimanche 13 septembre 2015

SORTIE DE TABLE (LE MORCEAU CACHE)

Sortie de Table, ma série d'été chez Focus Vif, n'a pas fait de grandes vagues mais a reçu une sorte de droit de réponse de la part d'Alexandre Cammas, le chroniqueur gastronomique français qui édite le Guide du Fooding. Suite à quelques erreurs techniques, son intervention a mis un peu de temps à être publiée par Focus et je n'ai pour ma part seulement trouvé le temps d'y répondre qu'aujourd'hui.
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mardi 1 septembre 2015

SORTIE DE TABLE (5/5)


Fin juin, j'ai commencé à suivre Munchies, le site foodie de Vice Media, sur Facebook et Twitter. Dans la minute, mes feeds ont littéralement été submergés de sujets car Munchies balance aux Belges ses liens à une vitesse et à une cadence dingues, en français, en anglais et en néerlandais.
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SORTIE DE TABLE (4/5)

Il y a 15 jours, au moment de publier sur ce site un papier sur le substitut alimentaire Soylent, je n'avais pas du tout capté que la firme américaine était sur le point de sortir un nouveau produit
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SORTIE DE TABLE (3/5)

Dans Kitchen Confidential, sa première autobiographie, le grand chef américain Anthony Bourdain se souvient de sa première huître. Il en parle comme d'une aventure.
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SORTIE DE TABLE (2/5)

C'est à la génération qui a entamé la trentaine en 2000 que l'on devrait cette obssession actuelle pour la bouffe. C'est du moins ce qui se raconte ; un storytelling sans doute pas tout à fait véridique mais fort commode et même convaincant.
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SORTIE DE TABLE (1/5)

Je n'irai pas jusqu'à dire que j'en rêvais mais gamin, je voyais d'un très bon oeil la pilule-repas, cette vieille idée de science-fiction, ce fast-food absolu. Dans les magazines et à la télévision, on la présentait comme la solution à la faim dans le monde.
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vendredi 14 août 2015

SORTIE DE ROUTE, THE END : LES COMPTES ET LES BISOUS


Après 4 ans de chroniques et deux bouquins qui leur doivent beaucoup, je n'ai plus grand-chose de franchement inattendu à déblatérer sur la nuit, les deejays, la techno, la house, l'aliénation ou l'émancipation qui en découlent.
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lundi 27 juillet 2015

ENCORE DU RIFIFI A PIETONNIERLAND

Il y a quelques semaines, un établissement noctambule du centre de Bruxelles que l'on rebaptisera Le P'tit Mayeur, comme ça, pour rire, entendait organiser non loin de sa porte un mini-festival en plein air, avec quelques groupes de musique amplifiée et de bons foodtrucks.
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lundi 20 juillet 2015

TOUS TOUS A TERRILMOLINOS

La dernière fois que j'ai foutu les pieds à Dour, c'était en 2004 en mode commando. Un aller-retour de quelques heures seulement, juste le temps de voir prester les Chk Chk Chk et Optimo.
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mardi 14 juillet 2015

LA POLITIQUE FESTIVE BRUXELLOISE : MOJITOS ET CHOCOLAT, TARLADIDADA

Au-delà des querelles de piétonnier - la particule fine est-elle soluble dans le Pentagone ? Celui qui préfère pour son picnic le panorama des bureaux de l'ONEM aux bords des lacs est-il complètement fada?-, l'actuelle politique évènementielle bruxelloise pose une question plus vertigineuse encore.
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mardi 7 juillet 2015

TAKE A WALK ON THE WILD SIDE (SORTIE DE MINI-RING)

Clodos, ivrognes, tox, bagarres, saleté... Yvan Mayeur voulait faire du nouveau piétonnier bruxellois son Times Square, c'est réussi. Il a celui de 1974.

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vendredi 3 juillet 2015

JE NE SUIS PAS SABAM

Je n'ai pas mis un orteil à l'Anti-Sabam Street Rave de ce samedi soir aux alentours du Heysel. Ce qui ne m'empêche pas de moi aussi ruer dans les brancards quand on en vient à parler de rétribution des droits d'auteurs en juin 2015.
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lundi 29 juin 2015

LE MEILLEUR DES MONDES REECRIT PAR PASCAL NEGRE

Imaginons un instant que nous vivions dans une ville bien pourrie oubliée de la hype, un mélange de Libramont et d'Auxerre, où il ne se passe rien. L'industrie de la musique pourrait nous sauver.
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mercredi 17 juin 2015

PEUT-ON ENCORE SORTIR LA NUIT APRES 40 ANS?

Je suis encore tombé sur l'un de ces articles lifestyle qui se demande si c'est bien raisonnable de sortir en boîte après 40 ans. Le gars qui l'a écrit dit compter 46 bougies, l'âge que j'aurai en octobre.
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jeudi 11 juin 2015

ET SI LE CRACHEUR DE FEU ET LE COMIQUE PAS DROLE ETAIENT L'AVENIR DU FESTIVAL?


La semaine dernière, j'avais à peine envoyé ma chronique sur les festivals et le clubbing à la rédaction que je tombais sur 2 articles en contrariant quelque peu le propos
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samedi 6 juin 2015

DA WBSKP (3)

Ma collection d'âneries du Web, volume 3 (Je veux ta veste, tes bottes et ta moto)
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jeudi 4 juin 2015

FESTIVALS VERSUS CLUBBING

On connaît la chanson funèbre: le festival écraserait toute concurrence parce qu'il s'agit d'une expérience immersive ultime, une offre culturelle maousse, une alternative de plaisance aux city-trips chérots, une aventure à la Koh-Lanta (faussement) no-cost.
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mercredi 27 mai 2015

EDWARD NORTON & SES 3 LOUVETEAUX

Le concert de Thee Oh Sees de ce mardi soir au Reflektor de Liège en aura passablement laissé plus d'un circonspect. C'est que la toute nouvelle mouture du groupe accompagnant John Dwyer sur scène est minimale, étonnante, peut-être pas vraiment encore au point, voire même légèrement wtf
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jeudi 21 mai 2015

LES STALAGS DU FAUX COOL

Je n'aime pas les festivals et qu'on ne vienne pas me dire que c'est parce que je suis vieux, je ne les aimais déjà pas quand j'étais jeune. Quand je dis festivals, j'entends les festivals à la campagne comme Werchter, Dour ou le Pukkelpop.

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mardi 19 mai 2015

LE PINARD EN CARTON ET LA FIN DE L'ALCOOLISME

Dans le dernier numéro de Hot Rum Cow, un magazine écossais entièrement consacré à l'acte de boire de l'alcool, la journaliste Liz Longden envisage le futur de la soûlographie.
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lundi 18 mai 2015

IL POSE EN SELMAN RUSHDIE, CE CON

Comme beaucoup, je pense, j'ai découvert le blog de Marcel Sel durant la crise de régime de 2007-2010. Durant cette période politiquement troublée où on entendait beaucoup de conneries à la RTBF et où on en lisait aussi un paquet dans Le Soir, ses analyses et son discours sur la NVA et le blocage institutionnel me semblaient apporter un vent frais, voire même parfois souffler une certaine pertinence.
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mardi 12 mai 2015

WICKERMAN FOR DUMMIES

Avec Cloverfield, Wickerman est le seul film que j'ai regardé deux fois de suite. C'est rare mais c'est ce qui arrive quand j'ai de la peine à croire ce que je viens de voir. Je le relance direct, tout au plus un quart d'heure après le générique final de la première vision.
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lundi 11 mai 2015

COUCOU, TU VEUX VOIR MON BAR A HIBOUX

"Un bar à chats n'est pas un café, c'est une pièce avec des chats dedans", peut-on lire dans le dernier numéro de The Skinny, une revue culturelle gratuite écossaise.
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mardi 5 mai 2015

TROIS BONNES IDEES RAMENEES DE SOUS LE KILT

Les touristes revenant d'Écosse ramènent généralement du whisky, des magnets du Monstre du Loch Ness et des kilts pour rire à £25. D'Edinburgh, j'ai quant à moi importé quelques bonnes idées qui pourraient transformer pour un mieux la nuit bruxelloise.

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mardi 28 avril 2015

FUCK THAT SHIT

L'autre jour, je me suis rendu compte que je n'avais absolument aucune idée de ce que devenaient The Subs. Il n'y a pas très longtemps, je les ai bien vu prendre le Concorde avec Jean-Pierre Castaldi mais cela fait sinon des lustres que je n'ai pas vraiment entendu parler d'eux et, pourtant, tout roule
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lundi 27 avril 2015

SEX & DRUGS & UN BON GROS BRUNCH

À Oxford, sur New Inn Hall Street, chez The Last Bookshop, je me suis offert pour £3 un petit bouquin assez marrant, Mind The Bollocks d'un certain Johnny Sharp.
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samedi 25 avril 2015

FRANZ BECKENBAUER A LA BASSE

En 2008, à l'occasion de la sortie de leur Best Of sur Eskimo Recordings, j'ai écrit un article sur Allez Allez pour le magazine français Trax, à la demande du rédacteur en chef d'alors, Patrick Thévenin, qui connaissait et appréciait le groupe, comme beaucoup de mes proches qui avaient déjà les oreilles grandes ouvertes durant les années 80.
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PAR DELA L'ARC-EN-CIEL NOIR

Beyond The Black Rainbow, film zinzin. Dans les sous-sols secrets et hi-tech d'un centre new-age de renom, un toubib relou ne s'étant jamais remis d'un bad trip particulièrement gratiné séquestre depuis des années la fille de son gourou. La minette est un danger public, capable de provoquer des ruptures d'anévrisme à distance.


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jeudi 23 avril 2015

JESUS JUMPS ACROSS THE WATER

Il y a quelques années, j'ai longuement interviewé à;Grumh et c'était tellement bien que j'aurais du tirer de cette rencontre l'un des meilleurs papiers de ma vie. La poisse en a décidé autrement : lors d'un déménagement chaotique, j'ai perdu la bande et, peu après, l'ordinateur sur lequel j'avais commencé à écrire le texte a crashé.
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mardi 21 avril 2015

L'ENTREPRENEUR TECHNO, CE FREAK

Il y a un peu plus de 20 ans, l'Allemand Dimitri Hegemann débarque pour la première fois à Detroit, Michigan, USA, avec la ferme intention d'y ouvrir un club techno.
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LE MONSTRE DANS L'ARMOIRE


Je dois bien l'avouer, je n'aime pas beaucoup le personnage d'Arno, qui tient pour moi du gros relou, voire même du cassosse. De façon toute personnelle, je le vois comme une imitation de Nick Cave par Urbanus van Anus ou la version « Merditude des Choses » de Shane Mc Gowan, le chanteur des Pogues.
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lundi 20 avril 2015

WILD & ANGRY


Si dans la longue histoire du rock belge, il existe quelques cultes bien répertoriés (Jacques Duvall, Les Tueurs de la Lune de Miel, La Muerte, Channel Zero, Neon Judgement..), il y en a d'autres qui sont un peu oubliés, un peu davantage pris pour des reliques d'un temps passé, alors qu'ils méritent pourtant autant une passion actuelle toujours fiévreuse qu'une réhabilitation massive. 
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lundi 13 avril 2015

LA FIN DU MACUMBA

Le 31 mars 2015 fermait à Neydens, en Haute-Savoie, le Macumba. Dans le numéro 2 de la nouvelle revue Society, un long article est consacré à cette disparition du "plus grand ensemble de discothèques d'Europe", dont les murs ont été revendus à Migros, une entreprise suisse active dans la grande distribution, qui va probablement transformer le complexe en supermarché.
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lundi 30 mars 2015

WAKE UP, LA TECHNO !!!

Anecdote 100% authentique: l'autre matin, me voilà réveillé par des modulations répétitives, assez rythmées. "Tiens, la voisine s'est mise à la techno", me dis-je dans mon demi-sommeil, plus étonné que contrarié, presque charmé, en tous les cas heureux qu'elle arrête avec son Adele et ses fanfares balkaniques. J'essaye de reconnaître le morceau. Richie Hawtin? Derrick May? Bandulu?
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lundi 9 mars 2015

MON CERCEUIL COMPTE UN CLOU DE PLUS

Dans Retromania, au chapitre sur les raves, Simon Reynolds se souvient que ce n'est que vers 1996 que les gens ont commencé à être nostalgiques de la musique électronique qu'ils écoutaient à peine 4 ans auparavant.
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lundi 2 mars 2015

TOUS CONTRE LA BOITE NOIRE

La Boîte noire est un dispositif de contrôle de caisse qui sera obligatoire au 31 décembre 2015 dans tous les établissements Horeca qui font un minimum de 10% de chiffre d'affaire sur la nourriture à consommer sur place. 
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lundi 23 février 2015

LA GUERRE A LA FETE EST DECLAREE

Il ne se passe plus une semaine sans qu'un article de presse annonce un plan ou l'autre contre le tapage nocturne, le binge-drinking et les envies festives.
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vendredi 13 février 2015

VIS MA VIE DE PARIS HILTON



C'est ce vendredi 13 février 2015 qu'est sorti très officiellement mon "GLOSSAIRE DU DJ", aux éditions La Muette
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97. THE CHAKACHAS : JUNGLE FEVER

En 1971, la version originale de Jungle Fever, par les Chakachas, cartonne un peu partout. Ils en vendent un million de copies aux Etats-Unis et se débrouillent pour avoir du succès en Angleterre, malgré une interdiction d'antenne à la BBC. Jungle Fever est depuis considéré comme un classique soul-funk et en 1982, il en sort une version électronique attribuée à Kinkina, one-shot derrière lequel se cache notamment le producteur punk (pour rire) Alan Ward.

En 1987, en pleine période new-beat, des remixs de cette reprise s'écoutent beaucoup en warm-ups et en afters. C'est malgré tout la version originale qui reste dans les mémoires et que recherchent les collectionneurs. Les Chakachas sont samplés par 2 Live Crew, Panda Bear, les New Kids on The Block et Public Enemy et se retrouvent aussi sur la BO du film Boogie Nights et en heavy rotation sur l'une des radios de la baie de San Andreas, dans le jeu Grand Theft Auto.

Pas mal, pour de jeunes afro-américains funky et érotomanes dont c'est à priori le seul tube, n'est-ce pas ?

Sauf que que les Chakachas étaient en fait plus belges que le blanc de boeuf. Leur leader s'appelait Gaston Bogaert et les musiciens venaient de Schaerbeek, de Willebroek, de Charleroi et de Liège. Jungle Fever n'est même pas leur premier tube mondial puisqu'en 1971, cela faisait une quinzaine d'années que le groupe était dans le circuit et déjà responsable en 1958 du classique cha cha cha Eso es el Amor.

Suiveurs de modes, ils se sont ensuite mis au yéyé et au twist ; en français, en anglais et même en allemand, avant de s'accrocher au wagon soul-funk-disco avec Jungle Fever, ce qui leur a assuré une retraite confortable sans toutefois leur donner le goût durable de ce genre musical puisque les Chakachas en sont ensuite assez vite revenus au latino, sans plus trop se soucier de vendre ou non. Quant à Kinkina, c'était évidemment une blague de producteurs, pas un vrai groupe (qu'est-ce qui guérit de la fièvre de la jungle ? La quinine). Sur les remixs, il est toutefois à noter qu'y est crédité Paul Oakenfold, dj britannique aujourd'hui légendaire mais alors à peine connu.



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TOUT EST PARDONNE



Ce week-end, à l'occasion de la fête des 50 ans du Beursschouwburg, je me suis rendu compte que mon rapport à ce haut-lieu de la culture flamande à Bruxelles est étrangement similaire à celui que j'entretiens depuis au moins 20 ans avec "les Flamands". Envers "Nos Voisins du Nord", tout comme envers le Beurs, j'ai en effet commencé par éprouver de l'admiration et de la sympathie, il y a bien longtemps, au tout début de ma vie sociale d'adulte et de mon parcours professionnel.
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LE ROCK A BRUXELLES EST-IL ENCORE RENTABLE ?




Que d'histoires autour du DNA, bar de Bruxelles depuis 30 ans et jusqu'ici plutôt connoté rock et même punk qui serait en passe de se transformer en petite boîte R&B. C'est du moins ce que persifle la rumeur, vu que très officiellement, le DNA ne fait que "changer de ligne directrice", programmant désormais tous les vendredis et samedis des djs chargés de viser un public plus large que celui qui a bâti mais aussi, il faut bien l'admettre, parfois tâché la légende de ses murs.

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I HAD A DREAM...



Au comptoir tout comme au micro des étudiants en journalisme qui m'interrogent parfois dans le cadre de leurs travaux de fin d'étude, la question refait régulièrement surface : la prochaine révolution musicale, c'est pour quand ? Quand est-ce qu'on va enfin se ramasser sur le citron un gros chamboulement comparable à la naissance du rock & roll ?
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vendredi 16 janvier 2015

FAUSSE COUCHE

Michel Houellebecq n'a pour moi qu'un seul talent, mais il est énorme, peut-être même actuellement inégalé, c'est de croquer le Français moyen dans toute son insignifiante médiocrité. C'est cet art du portrait au vitriol, de l'observation et de la caricature crasseusses mais méchamment justes, qui donne son génie à Extension du Domaine de la Lutte, à la première partie de Plateforme, à sa correspondance fouteuse de gueule avec BHL, à quelques passages par ci, par là, dans ses romans et ses nouvelles, mais aussi à son rôle dans le formidable film de Guillaume Nicloux imaginant son enlèvement ainsi qu'à son disque enregistré avec AS Dragon et Bertrand Burgalat ; à cette époque où il était surtout obsédé par le tourisme, la plaisance, les paninis-saumon et les estivants en short. Pour le reste, Michel Houellebecq ne m'a jamais franchement convaincu. C'est un écrivain que je suis essentiellement parce qu'il me fait marrer mais dès qu'il sort de ce cadre bouffon, il m'indiffère, m'ennuie même. Sa noirceur, sa tristesse et son désespoir ne me touchent pas du tout, ce qu'il peut dire de la littérature me semble au mieux masturbatoire, au pire inexact et, non seulement je trouve que la plupart de ses théories et de ses pseudo-thèses relèvent du nawak de comptoir le plus aviné mais surtout, malgré l'aplomb avec lequel elles peuvent pourtant être défendues dans ses bouquins, je pense qu'elles restent aussi très appromixatives, qu'elles ne vont jamais au fond de ce qu'elles avancent. Ou à fond.

Quand il imagine la vie éternelle, le sexe vu comme un modèle économique ou une présidence musulmane à la tête de la France, Michel Houellebecq reste en effet selon moi toujours trop vague, illogique, dispersé. En fait, il se prend même souvent les pieds dans ses propres envolées. Il n'arrive qu'à sortir des banalités, des improbabilités, des grosses conneries. Son travail n'a jamais l'air fort documenté et sa récurrente excuse qu'il n'écrit pas des essais mais des romans, venant de lui, semble surtout servir d'alibi à beaucoup de fainéantise ou de manque d'imagination. Ainsi, dans Soumission, sa France musulmane n'est pas une seule seconde probable, c'est même un décor à peu près aussi crédible que la France ultra-libérale de 2017 sous Alain Madellin imaginée par Riad Sattouf dans Pascal Brutal. Ca ne tient pas la longueur, ni la réflexion, et même Wolfenstein tape davantage juste dans l'uchronie. En fait, on pense à un sketch de Cocoricocoboy, tant on y parle surtout de cul, de bouffe et de beaufitude. Assez étrangement, Soumission n'en est pas moins probablement le bouquin le plus honnête, le plus humble, le moins vanneur aussi, de Michel Houellebecq. Ce n'est pas un pamphlet, ni vraiment de la science-fiction. C'est naïf (très!), et y sont surtout évoquées quelques idées faussement fortes qui pourraient se lire dans la chronique d'un magazine parcouru chez le dentiste plutôt que dans une oeuvre censée à la fois foutre le boxon social et mental, en plus d' incarner au mieux l'air du temps.

Ce n'est pas un roman sur l'Islam, ce n'est pas un roman sur les Identitaires, ce n'est pas un roman sur une éventuelle guerre religieuse ou même sur le choc des civilisations et ce n'est certainement pas un roman islamophobe ou raciste. C'est un roman sur la fin de l'athéisme, de la social-démocratie, de l'humanisme, et comme l'indique très clairement son titre, c'est un roman sur la soumission à un ordre ou à une idée morale jugés supérieurs ; pour Houellebecq le seul moyen de trouver le bonheur dans la vie. En l'occurrence une vie facile de paresse intellectuelle où surtout bien bouffer et bien baiser. L'utilisation dans Soumission de l'Islam peut donc bien davantage passer pour un artefact que pour une provocation ou du racisme, parce qu'après tout, ça fait un bout de temps que Michel Houellebecq entend dans ses livres défendre l'idée que pour dépasser sa condition de misérable larve mortelle et angoissée, l'humain doit se fondre dans quelque-chose qui le dépasse. Ses bouquins précédents ont essayé le transhumanisme, le clonage, Raël ; voilà qu'il se laisse maintenant tenter par la religion, sans doute parce que c'est une idée à la mode sur TF1 et dans Paris-Match. Au prochain, ce seront peut-être les drogues de synthèse et la réalité virtuelle. Michel radote, autrement dit.  

(Photo : Cougar, sans son autorisation. (mais j'ai des dossiers, bro))
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lundi 12 janvier 2015

C'EST QUAND MEME AUSSI VRAI

"Tous les Charlies sont Charlie mais certains Charlies sont plus Charlie que d'autres" (Charlie Orwell)


(réalisation technique : Matyas New Bruelo Ordena)
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jeudi 8 janvier 2015

PROPHETE POUET POUET



Je ne suis pas plus Charlie aujourd'hui que je n'ai été American Airlines en 2001 ou Princesse Tam Tam lors des attentats de Bombay. Charlie Hebdo n'est pas de mon monde, son humour me laisse froid. Trop franchouillard, trop Bite-à-Dudule, avec ces derniers temps aussi beaucoup de cartoons qui auraient pu être publiés dans un torchon du Vlaams Belang. Je Suis Charlie, il faut laisser ça aux véritables fans, aux proches, aux admirateurs, à la sincérité. Venant de moi, cela relèverait de l'imposture. Ce n'est pas par manque de compassion, vu que je suis complètement sonné du fait que des dessinateurs et des journalistes satiriques ont été butés. Cet attentat nous a aspiré dans un nouveau chapitre de l'horreur, une autre réalité, une phase où le personnel d'un canard ringard comptant surtout des vieux cons de 75 balais peut se faire décimer par des types sortis de nulle part équipés de kalashnikovs et de lance-roquettes. Shock and awe. Saut dans l'inconnu. Ce que cela augure, ce avec quoi il va falloir désormais dealer -la menace tout comme les mesures prises pour contrer cette menace- m'effraye. Je ne suis pas de ceux que des protections flicardes et des singeries à la Vigipirate rassurent. Elles me stressent même davantage que le terrorisme, qui reste statistiquement rare, quoi qu'on en dise. La mort brutale de Wolinski, de Cabu et des autres est une donnée que je ne vais pas intégrer facilement, qui mettra du temps à se laisser digérer. Pour ce faire, je ne vais pas me laisser parasiter le cerveau par le cirque médiatique, les andouilles du web et ce grand mouvement « Je Suis Charlie » un peu trop fédérateur dans l'actuel contexte frenchie puant que pour être exempt de critiques et de méfiance. Surtout qu'il me semble que depuis mercredi, le grand boulevard jusqu'ici ouvert au Front National s'est transformé en autoroute à 4 bandes.

Il ne faudrait pas non plus oublier que lundi, quand tout n'allait pas si mal, il était aussi vachement question de médiatiquement lyncher Zemmour et Houellebecq. Or, deux jours plus tard, le discours a radicalement changé, puisqu'il est désormais surtout question de se battre pour le droit à continuer de se foutre tranquillement de la gueule des bigots, surtout bicots. Ce n'est pas que confus, ce n'est pas que dingue. C'est aussi extrêmement sournois, extrêmement dangereux. Cette confusion, cette cabriole de girouettes, n'est pas l'oeuvre des médias, ni du gouvernement, encore moins d'une cabale conspirationniste. Elle résulte du fait que sur les réseaux sociaux, librement, les gens se sentent obligés de réagir au quart de tour, de se positionner, de partager une connerie ou un cliché sur des évènements qui pourtant, souvent, les dépassent complètement, au sujet desquels ils n'ont aucune expertise, et, à vrai dire, même pas vraiment d'avis construit. Je ne pense pas qu'ici, la liberté d'expression soit menacée par l'Islam radical et le terrorisme. Ce qui la menace surtout, c'est de se noyer dans ses propres déjections, de générer tellement de confusion, d'imbécilités et de brouhaha irréfléchi que les gens vont eux-mêmes finir par appeler à sa limitation, comme ils sont en fait presque en train d'appeler de leurs vœux un état policier et la vendetta envers tous ceux qui éviteraient le saucisson et le ballon de rouge de façon un peu trop ostentatoire. Michel Houellebecq disait il y a quelques jours qu'on n'a jamais vu un roman changer l'histoire. Un roman, non. Une tonne de tweets à la con et d'emballements un peu trop pavloviens, par contre, oui, peut-être. Là, maintenant.  

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lundi 5 janvier 2015

SOBER, LA DISCOTHEQUE SANS ALCOOL



Un récent article de Slate nous apprend qu'à Stockholm, il existe depuis septembre un club du nom de Sober. Pour y entrer, il faut souffler dans un alcootest. Si le résultat est négatif, welcome to the pleasure dome. S'il est positif, vous restez sur le trottoir.
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vendredi 2 janvier 2015

WACKO WLBK





MICHEL HOUELLEBECQ : « En résumé, les Blancs voulaient être bronzés et apprendre les danses de nègres ; les Noirs voulaient s'éclaircir la peau et se décrêper les cheveux. L'humanité entière tendait instinctivement vers le métissage, l'indifférenciation généralisée ; et elle le faisait en tout premier lieu à travers ce moyen élémentaire qu'était la sexualité. Le seul, cependant, à avoir poussé le processus jusqu'à son terme était Michael Jackson
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L'HORREUR, L'HORREUR, L'HORREUR...



À Londres, il a été fait grand cas ces dernières semaines de l'ouverture, du côté de Shoreditch, du Cereal Killer, un bar à céréales où le bol de céréales, du genre Kellog's, coûte £3,50. Caricaturaux à l'extrême, les tenanciers de l'établissement sont des jumeaux aux barbes bien entretenues, aux cheveux gris teints et aux tatouages design.
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