lundi 31 décembre 2012

MUSIC FROM THE BALCONIES NEARBY WAS OVERLAID BY THE SOUND OF SPORADIC ACTS OF VIOLENCE

J'ai un nouvel héros, JG Ballard, auteur de science-fiction (il s'en défendait) mort en 2009 et à bien des égards davantage visionnaire encore que Philip K Dick, qui a bien eu quelques fulgurances prophétiques mais avait trop tendance à les noyer dans un décorum pimpant de comic book et, c'est bien connu, trop de couleur distrait le spectateur. En 10 ans, du milieu des années 60 à 1975, Ballard a quant lui sorti de terrifiants et visionnaires miroirs à peine déformants du monde tel qu'il était déjà à l'époque et tel qu'il est toujours. Un monde surtout intérieur de personnages tourmentés par l'influence des médias et d'un environnement industriel à la fois opressant et déshumanisant mais aussi souvent sexy et porteur de nouvelles mystiques. Ces 4 terreurs, The Atrocity Exhibition, Crash, Concrete Island et High-Rise, doivent de préférence se lire en anglais, les vieilles traductions françaises des hippies barbus payés au lance-pierre donnant à ces textes un côté pulp vite torché là où la langue originelle se veut au contraire très conceptuelle, réfléchie, répétitive, clinique et parfois même carrément expérimentale.

Ballard a été une considérable influence sur le post-punk britannique (Warm Leatherette, Gary Numan, Joy Division, John Foxx, Karen Novotny X...) et c'est ce qui explique sans doute le clin d'oeil au design de Factory Records retenu pour la couverture d'Extreme Metaphors, gros recueil sorti cette année chez Fourth Estate et bouquin parfaitement aussi plaisant que ses meilleurs romans, en plus d'en être un complément non négligeable. On y ouvre grand la mâchoire et on se fait très mal au fondement en le voyant tout naturellement prévoir et même visualiser au cours de conversations ayant lieu dans les années 60 et 70 l'avènement du 2.0 (un futur où avec un système domestique, les gens s'échangent des trivialités, des photos d'enfants et d'animaux, et ne suivent plus du tout les actualités du monde). Ainsi que l'arrêt de la conquête spatiale, dès 1972, alors que la plupart de ses pairs s'imaginaient vivre sur Mars dès 2000 (ça n'intéresse plus personne et ça reprendra quand on aura inventé un système de propulsion moins cher que le kérosène). Ca rigole sinon pas mal quand il compare le punk anglais à la corrida espagnole, le seul moyen pour des jeunes sous-éduqués et sans avenir de la classe ouvrière d'essayer de devenir riches.

30, 40 ans avant Fight Club, il a surtout prévu que le futur le plus probable ressemblerait à la banlieue de Dusseldorf, « des suites d'immeubles immaculés, pas une cigarette nulle part, avec une école moderne immaculée et des quartiers entiers dédiés au shopping. Le paradis du consommateur où pas une feuille d'arbre n'est pas à sa place – même un arbre qui perd ses feuilles y serait vu comme trop libre. (...) C'est le summun de ce que veulent les gens. Il y a une certaine logique qui mène à ces banlieues immaculées et c'est terrifiant parce que c'est la mort de l'âme (...) Ballard estimait que de tels endroits ne pouvaient générer que de la violence :
« Personne ne comprenait Baader-Meinhof. Ces jeunes gens étaient tous issus de la classe moyenne, c'étaient des gamins bien éduqués issus de familles relativement aisées. Leur violence était vraiment absurde : piller des banques, tuer des Américains, tout le reste... Mais j'ai réalisé que je les comprenais. Elevé dans une banlieue de ville allemande, où tout est bien à sa place, où les gens sont tellement terrifiés par ce qui s'est passé durant la période nazie et la seconde guerre mondiale qu'ils font tout pour que tout le monde soit heureux, les jardins d'enfants et les écoles sont équipés pour qu'aucune déviance ne soit possible, qu'aucun problème n'apparaisse... Dans un monde pareil, totalement sain mais où n'existe aucune véritable liberté d'esprit, la seule liberté possible, c'est la folie. »

Lire ça le jour du Réveillon de Nouvel An, tout juste revenu du Delhaize de la Rue du Hénin où les gens étaient prêts à me rouler dessus avec leur poussette à trois roues pour la dernière bouteille de Taittinger, le persil le plus vert et touffu du bac et me gratter la place dans la file du self-scanning, ça m'a paru tout à fait convenir à notre réalité, comme l'incarnation très concrète du thème de High-Rise. Après, c'est clair que si cette banlieue de Dusseldorf est financée par des produits bancaires toxiques et que tout s'écroule, on n'aura pas besoin d'aseptisation généralisée pour générer chaos et folie, un jour prochain. Ca, Ballard ne l'a pas vu venir, encore que l'un des uniques films de SF des années 80 qu'il dit avoir aimé est Mad Max 2, The Road Warrior. Mythe d'un futur proche, là aussi ?

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lundi 24 décembre 2012

BEST OF MUSIC 2012 : MA VIE SANS MEGAUPLOAD


Sans Megaupload et plus du tout critic-rock (rien publié nulle part du genre chronique CD, une première cette année!!!), j'ai surtout redécouvert en 2012 le plaisir immense, perdu et anachronique, de savourer des disques sans parvenir à les épuiser, de les écouter des dizaines, voire des centaines de fois, sans avoir envie de zapper ou d'aller downloader la dernière hype par simple curiosité ou devoir journalistique. Cette fermeture aux sollicitations permanentes doublée d'une disponibilité de temps cerveau intégralement consacrée à ce que je kiffe réellement, c'est un grand changement dans ma vie et ça a totalement bouleversé mon rapport à la musique. J'ai ainsi du écouter le Happy Soup de Baxter Dury 2 à 4 fois par jour pendant bien 6 mois et il en est de même (ou presque) pour la plupart des références qui suivent. C'est pas très 2.0 comme attitude mais ça fait un bien dingue !

1. Gravenhurst : The Ghost in Daylight
Ouais, cet album est moins bon que les précédents sortis par Nick Talbot. Il distance pourtant sans forcer n'importe quel autre machin d'indie-pop-rock boutonneux rêveur (genre Beach House, allez). Parce que plus habité, plus hanté, plus émouvant, plus adulte, mieux vécu... et pas juste là pour épater le lectorat de Pitchfork. Un disque, comme tous les autres du même gars, qui tient du classique instantané et dont on parlera dans 30 ou 40 ans comme on parle aujourd'hui des albums de Nick Drake, Tim Buckley et autres génies passés inaperçus (ou presque) du temps de leur vivant.

2. The Brian Jonestown Massacre : Aufheben
Il y a 10 ans, le fils caché de Charles Manson et Satan passait pour un nazi sacrément doué dans l'art de fabriquer du rock revivaliste pour collectionneurs de disques. Aujourd'hui, le génie arrogant s'est un peu évaporé et l'Anton Newcombe apaisé de 2012 semble plus devoir aux Bisounours et à Stéréolab qu'aux démons d'Altamont. Aufheben est presque un disque pour enfants, qui respire bien davantage l'amour et la joie de vivre que la défonce et la paranoïa. Humainement, on est contents pour lui. Et comme lui fait tout pour rendre contentes nos oreilles, c'est un échange parfaitement win-win.

3. Scorpions Violentes : The Rapist
Le mongolo élevé au rang d'art majeur. Comme si les Ramones faisaient du John Carpenter ou que Gwar s'était mis à l'electro minimaliste punk. Juste énorme et ce n'est que (quasi) le début des aventures de ce groupe adorablement timbré.

4. Daphni : Jialong
Ca ne respecte aucune recette établie, ça ose des choses à priori insensées, ça frappe pour faire mal, ça n'hésite pas à se répéter jusqu'à rendre dingue. Une certaine idée de la dance-music quand elle ne recherche que le plaisir pur et non pas se la péter grave (n'est-ce pas, Actress?)

5. Peaking Lights : Lucifer
Un duo de vieux hipsters américains prétentieux fabrique de la balléaric de contrebande comme Sheer Taft et William Orbit en faisaient à la fin des années 80. Comme dirait Karl Zéro, méfions nous des imitations. Sauf que n'importe quel douanier ou expert s'y tromperait. Taste the unoriginal.

6. A Place to Bury Strangers : Worship
Un groupe noisy peut-il devenir poppy sans s'aliéner une partie de son public ? La version 2012 de l'éternel débat tient dans ce disque, pas aussi « patate dans ta face » que le précédent mais tout de même très efficace quand il s'agit de booster sa bonne humeur rock and roll.

7. K-Holes : Dismania
J'ai déjà dit tout ce que j'avais à en dire ICI.

8. Nice Face : Horizon
Electro garage débilus profondus, entre Iggy & The Stooges, Suicide et Sigue Sigue Sputnik. Assez sexy et plus malin, goutu et étonament durable que bien des concurrents du secteur.

9. Thee Oh Sees : Putrifiers II
Comme avec Gravenhurst dans l'indie-rock, un album moins bon que les précédents de Thee Oh Sees reste néanmoins un Carl Lewis de son secteur, en l'occurence le garage rock psyché un peu hippie, un peu slacker.

10. Skank Manor : Démo album
J'ai un pote qui a fait un album de dub, à la Basic Channel, à la Terranova. C'est complètement anachronique, dans un style dont je me fous généralement pas mal, mais je kiffe toujours. Des mois après avoir pondu le presskit. C'est comme ça, sincère, et pas juste de la pub.

(+ seconde session)

Total Control : Henge Beat (2011)
New-wave pas gentille par des surfers australiens. Interpol version gogole. Donc grave.

Catholic Spray : Amazon Hunt (2011)
Ca ressemble à du boucan purement morveux et chaque morceau tient en fait du véritable hymne, avec refrains imparables, niaque rock and roll rare et élégance au top (ca)niveau.

Pye Audio Corner : Black Mill Tapes Volume 1 (2010)
John Carpenter s'est perdu dans la campagne anglaise. Adeptes du Wicca aux synthés, loups-garous sous MDMA, païens en retour de rave vouant un culte sacrificiel au Bonhomme d'Osier... Yeah, ce genre d'ambiance!

Grinderman 2 : Remixs (2011)
J'ai toujours préféré Nick Cave quand il ne se prend pas très au sérieux et qu'il sort un peu de ses clichés Grand-Guignol comme ici, pour flirter avec l'electro.

MIXS & COMPILES

Andrew Weatherall @ Dalston Superstore
D_R_U_G_S 108 Mix
Daphni Live from The Bussey Building
Johnny Jewel Let's Kiss Sunday Morning Mix
Jeff Mills & L'Orchestre d'Ile de France @ Salle Pleyel
Trevor Jackson presents Metal Dance
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mardi 18 décembre 2012

ANYONE WHO KNOWS WHAT LOVE IS WILL UNDERSTAND



Grosses claques, douces rigolades et plaisirs coupables, voici les chansons que j'ai le plus écoutées cette année, sans qu'elles ne datent forcément de 2012. Les plus malins saisiront quelles séries j'ai suivi, quelles compilations j'ai disséquées, quels mixs savourés, à quelles soirées je suis allé (ou pas), les pistes labourées pour trouver mon bonheur musical et aussi avec qui je suis pote dans le petit milieu musical bruxellois. Aucun scoop, que du bonheur.

MODERNE Vers l'Est
BAXTER DURY Happy Soup
GRAVENHURST The Prize
THE BRIAN JONESTOWN MASSACRE Illuminomi
NICE FACE Equipped
BLASTED CANYONS Ice Cream Man
THE SPITS Terrorist Attack
TOTAL CONTROL Carpet Rash
GRINDERMAN vs UNKLE Hyper Worm Tamer
A PLACE TO BURY STRANGERS And I'm Up
K-HOLES Frozen Stiff
DUB BORO Get Down
CULOE DE SONG The Bright Forest
BOB CHANCE It's Broken
TRISTESSE CONTEMPORAINE Hell is Other People (Chloé Remix)
ANTONY PARTOS Animal Kingdom
PYE AUDIO CORNER Electronic Rhythm Number Three
SCORPION VIOLENTE  The Rapist
SKANK MANOR Silence & Tears
JEFF MILLS & L'ORCHESTRE D'ILE DE FRANCE The Bells
MATTHEW DEAR Her Fantasy
JIMI AFTER Prostitution of Sound
PULP After You

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jeudi 13 décembre 2012

VDM : MON MEILLEUR CONCERT DE 2012




Je l'ai déjà laissé entendre ici et ailleurs : plus je vieillis, plus aller voir des concerts m'emmerde ; du moins aller voir des concerts, de rock and roll s'entend, dans des salles faites pour. J'aime quand c'est sauvage, festif et incongru, que dans des greniers, des grottes et des caves, devant les scènes, les gens fument, boivent, se droguent, se pelotent les culs et se battent. Quand il ne s'agit que de consommation culturelle sans surprise, qui plus est sécurisée et encadrée par des intermittents de la fouille au corps, comme c'est désormais le cas dans une majorité de salles bruxelloises, JE BAILLE, JE TEND LE DOIGT DU MILIEU AUX ORGANISATEURS ET, encore plus souvent, JE PASSE tout simplement MON TOUR. Tout cela pour dire que le seul concert qui me restera vraiment de 2012, c'est un plan totalement foireux : les Sic Alps à Arlon, dans l'ancien Palais de Justice, le tout dernier jour des Aralunaires, un dimanche en dernière partie de soirée. Sur disque plutôt lo-fi, psyché et tcharbé, le groupe a sonné nettement plus carré, rock et pro sur scène, presque à la Rolling Stones. Ca m'a surpris et carrément séduit mais je dois bien être le seul dans le cas. Le gros du public s'était en effet déplacé pour BRNS, une insignifiante connerie belge de plus, qui passait juste avant. En fait, les Sic Alps ont carrément vidé la salle. Nous étions cinquante environ en début de concert et seulement six (j'ai compté!) à la toute fin. L'ambiance était bien évidemment merdique mais les mecs se sont tout de même donné comme s'ils jouaient à Werchter et c'était du vachement bon garage-rock, tant les belles ballades que les tracks bien rentre-dedans. A la sortie, j'ai tellement eu pitié pour eux que j'ai acheté au groupe leurs deux albums d'alors, au demeurant très bons. Vu les circonstances, le chanteur avait vraisemblablement vraiment envie de discuter avec le seul type de la soirée lui montrant un certain intérêt mais j'avais une bagnole qui m'attendait sur le parking, pour revenir à Bruxelles, deux heures de route en pleine nuit, et j'ai donc filé en lui tendant juste un greeting thumb. Je suppose qu'il a depuis son petit statut sur Vie de Merde comme quoi Arlon is da total lose et qu'il ne saura jamais que pour un chroniqueur musical francophone belge un peu sur le retour, il a tout simplement livré le meilleur concert de 2012. Et puis même, il le saurait, il dirait quoi à la lecture de ceci ? Que le type en question ne va plus vraiment aux concerts. Vie de Merde, double combo.
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dimanche 11 novembre 2012

STAIRWAY TO THE BEST PARTY OF THE UNIVERSE


Après m'être bagarré presque trois mois avec Virtual DJ, qui plante mes mixs à cause d'un petit retard de touche qui fait aussi que je couille grave à Tetris Battle, j'ai fini par pondre cette mixtape pas techniquement parfaite mais satisfaisante, on va dire, et c'est marrant et innattendu mais elle a l'art de bien plaire à ceux qui l'écoutent, y compris certains barons du funk bruxellois au pseudo de bière (kikou Coicou).


John Barry – The Persuaders Theme
The Frantics – Werewolf
The Brian Jonestown Massacre – Stairway to the best party of the universe
Bush Tetras – Things that go boom in the night
Creedance Clearwater Revival – Suzie Q

Virgin Prunes – Love lasts forever
Joakim – Lonely Hearts
The Rapture – House of Jealous Lovers
Blackstrobe – Me and Madonna
Totally Extinct Enormous Dinosaur – Trouble
Maceo Plex - Bring it back
The Beloved – The Sun rising
Michael Mayer – Good Times
Moloko – Forever Now


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mardi 6 novembre 2012

LE COLLECTOR DE L'ANNEE



Le collector de l'année, c'est cet article sur l'histoire du téléchargement, plutôt illégal, que j'ai rédigé pour la revue Politique. Il n'y figure pas une seule fois le mot "putain" et l'information y est consciencieusement contextualisée. Un véritable exercice de style.
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jeudi 1 novembre 2012

SOSIES 2012


Alain Mathot, député fédéral belge, bourgmestre de Seraing



Douglas Reynholm, CEO Reynholm Industries (The IT Crowd)
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JOUE AVEC MICKEY


Pour fêter le rachat de Lucasfilms par Disney, tous tes petits amis se sont déguisés en personnages de ta galaxie très très éloignée il y a bien bien longtemps préférée. Sauras-tu reconnaître l'Oncle Picsou? 
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vendredi 26 octobre 2012

DANGEREUX POUR LA SANTE MENTALE...

La branchitude se décline de manières diverses, voire incompatibles, dans la vie nocturne bruxelloise. Serge Coosemans s'en fait le chroniqueur, armé d'une langue inventive, d'une connaissance aproffondie du sujet, et d'un brin de mauvaise foi. Cela dérape moins que ne le laisse penser le titre. Mais on est très souvent à la limite de l'accident.Le problème est que cela vire au procédé et, d'une certaine manière, tourne en rond. L'abus de ces textes est dangereux pour la santé mentale. (Pierre Maury, Le Soir)



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jeudi 18 octobre 2012

ERREUR DE CASTING

C'est à mon sens un peu une erreur de casting que de me faire interviewer par Dan Gagnon juste après Kody, Laurence Bibot et Myriam Leroy mais voilà, j'ai accepté son invitation à participer à son podcast "Gratuitement" et je trouve le résultat plutôt amusant. On y parle d'une presque bagarre avec un handicapé, de mon admiration pour Ricky Gervais et Louis CK, de la fight sur Internet, d'une fin de soirée passée à tenter d'amadouer des hooligans anglais, de Sortie de Route (rubrique et ebook), RifRaf, Spirou et Jean-Charles Bronson. Caribou! 





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lundi 8 octobre 2012

DE HAUTE VOLEE

Non mais LOL, quoi...


    Philippe Kopp (Live Nation Belgium) Putain quand il va proposer quelque chose de positif ce Serge Cooseman ? C'est toujours négatif et jamais aucune proposition concrète. Moi, quand je ne suis pas satisfait, je fais les choses moi-même. DIY ! C'est le cas de plein de gens qui essayent de faire bouger cette ville d'une manière ou d'une autre. C'est le cas de pas mal de jeunes qui participent à la création des Nuits Blanches. Tu es méprisant et je trouve tes articles creux parce que sans propositions. Vas-y, fais en une qui puisse faire briller un peu plus Bruxelles, quelque chose qui ne t'excitera pas uniquement mais qui s'adressera à un minimum de gens. On attend ton programme Serge Causetoujours !

    Serge Coosemans Mon secteur, c'est la presse écrite et le sarcasme et comme je ne suis pas satisfait quand je lis des articles suce-couilles tartinés par des "journalistes" qui ont peur de se faire des ennemis dans l'industrie, la politique, l'évènementiel et Live Nation, j'écris les miens, Philippe.

    Philippe Kopp Un feu facile Serge. Je m'attendais à mieux pour être franc. Quelle déception! J'espérais tellement une soirée différente. 

    Serge Coosemans Et moi j'espère le retour des concerts à 12 euros. On peut toujours rêver, l'un comme l'autre...

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jeudi 4 octobre 2012

LA NOVLANGUE DES JOURS DE FETE


Voici les mots clés de la Nuit Blanche bruxelloise du 6 octobre 2012, recopiés tels quels du programme de 48 pages distribué gratuitement en ville. Ou comment ne pas s'étonner que je vais sans doute rester chez moi...

Internationale Imaginaire Interactive Emergents Moteur de la Création Contemporaine Spectateurs déficients visuels Mobilité réduite Tableaux chantants  Décalé  Ruban Adhésif  Immersif   Mireille Mathieu Cartographie urbaine Kitsch Truculente Fantaisies vidéographiques Expérience sociétale inédite Acrobate-danseur Cyclistes Skateurs Patchwork Intuitif Fourmis humaines Malicieuses  Jam  Poétique Multiculturalisme Enfance  Chorégraphie  Mosaïque  Safari sonore   Improvisation    Laines colorées   Un poil provoc'



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mardi 2 octobre 2012

COLLECTION BLANCHE


http://www.onlit.net/index.php?option=com_k2&view=item&id=659%3Asortie-de-route

"Moi qui ne suis pas trop fan du nightlife, (donc n'y connaissant que dalle), j'y trouve une double-dose d'intérêt. Beau boulot !"

(Dan Gagnon, humoriste québecois qui se google une fois par jour)
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dimanche 23 septembre 2012

DES NOUVELLES DU MONDE NOIR


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jeudi 13 septembre 2012

DON'T WORRY, BE HAPPY



Parue cette semaine sur le site de Focus, cette excellente playlist de hipster wallon m'a fait découvrir K-Holes, groupe de revival no-wave mené par un ancien Black Lips, Jack Hines, parti en 2004 alors que débutait le succès viral des garçons d'Atlanta. Dismania, la dernière trace du groupe, n'est pas franchement ce que l'on peut appeler une évidente partie de plaisir. Bad trip de bout en bout, l'album pue carrément la mort, le mauvais sexe, le désespoir camé et la paranoïa urbaine. Exercice de style ou expression de pauvres âmes mises à nu, faut bien avouer que l'on s'en tamponne assez, complètement estomaqués par un résultat du genre à parfaitement satisfaire les grands malades qui pensent que Heroïn du Velvet Underground est un remix de Don't Worry Be Happy ou que In Every Dream Home an Heartache est le plus langoureux des slows de Roxy Music. Album violent, cracra et brutal, avec tout de même quelques éclaircies purement garage et plus jubilatoires, on nage ici principalement dans le même genre de malaise que celui jadis exprimé par The Birthday Party ou Lydia Lunch, entre autres classiques de post-punk psychotique. Une expérience plutôt éprouvante donc, qui rappelle aussi qu'entre de bonnes mains, un saxophone ne balance pas que du miel entre les oreilles, il peut aussi se faire le vecteur d'abominables plaintes blessées et de l'angoisse existentielle la plus pure. En d'autres termes, on tient avec Dismania la plus probable bande originale des meilleurs suicides de l'année. Vite, une corde.


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mercredi 12 septembre 2012

I AM NOT THE MESSIAH !!! NOW FUCK OFF !!!



Il y a quelques jours, toujours en réaction à mon billet sur la RTBF DJ Experience et Quentin Mosimann, une fille a balancé sur Facebook une sorte de lettre ouverte où elle appelait à travailler sur l'image de la culture alternative, « perçue souvent par le plus grand nombre comme étrange, bizarre, inaccessible, obscure ». Elle avait trouvé mon papier marrant mais peu constructif, ce qui est une critique qui revient souvent en travers de la tronche de mon taf, depuis très longtemps, et que j'assume parfaitement. Plutôt que de se moquer du grand-public, elle préférait de son côté chercher à l'« initier, lui expliquer, lui montrer, lui donner envie d'en connaître plus. » Bref, militer.

Okay, ça peut être considéré comme l'un des grands rôles d'un journaliste ou d'un chroniqueur culturel, du moins depuis que l'idée dominante est celle d'un méchant mainstream mangeur d'enfants contre lequel se battent de valeureux chevaliers wouachement zindépendants, tu vois. Trop cynique pour cela, pas assez missionnaire non plus, ce n'est vraiment pas mon trip. En fait, je me fous totalement de la culture ou du manque de culture des gens. Même si je me peux me montrer hautain, moqueur et carrément méprisant à leur égard, je garde la plus grande clémence pour l'inculture crasse des barakis, des beaufs, des cagoles et des crétins. Ils me donnent certes tous envie de mourir, parce que l'image qu'ils renvoient du monde est tout simplement infernale, mais je ne suis d'un autre côté pas franchement certain qu'apprendre aux bambins à lire Tolstoï et à jouer aux échecs dès la maternelle, comme cela a pu se voir sous certains sinistres régimes du XXème siècle, serait préférable à la liberté fondamentale de rester toute sa vie un parfait imbécile.

Comme tout le monde, à titre personnel, je pense que certaines expressions culturelles valent mieux que d'autres. Ce n'est pas quelque-chose que je me refuse à partager mais contrairement à beaucoup de confrères, à la croisade et à la conversion, soit bourrer le crâne des gens, je préfère personnellement tenter de libérer les esprits. Mon idéal, ce n'est pas un public manipulé pour aimer ceci plutôt que cela. Mon idéal, c'est un public suffisament éduqué et malin pour lui-même décider de quoi il nourrira son ciboulot et que cela soit à base de Quentin Mosimann, d'Actress ou de Bon Iver, après, je n'en ai franchement rien à foutre.

Ce que je méprise par contre avec force, l'Adversaire véritable, ce sont les systèmes. Quand se met en place un schéma qui aliène les gens, les fanatise, les rend totalement dépendants de décisions et d'emballements qui ne sont pas les leurs. C'est un système qui starifie (ou tente de starifier) quelqu'un comme Quentin Mosimann et si ce système n'existait pas, ce mec en serait sans doute toujours à faire des passes de tektonik sur un parking de supermarché. Ce qui est vomitif, c'est que dans le processus, on tire les gens vers le bas, on leur inculque de véritables valeurs de merde, on les arnaque, on leur ment. Comme vis-à-vis de tout système aliénant, la seule alternative valable, c'est le mépris et la liberté totale d'y puiser ou non son bonheur, en connaissance de cause, pas la substitution par un autre système qui serait à priori plus vertueux.

A des degrés divers, je pense que la médiatisation de Mosimann, Actress et Bon Iver fonctionne plus ou moins exactement de la même façon. Critiquer tout cela, c'est donc un tout autre trip que le très usé et pas bien passionnant « commercial versus underground » ou « ma qualité contre tes goûts de chiottes ». C'est moins une croisade qu'un travail de sape, du sabotage rigolard à la Fight Club qui cherche bien à libérer les gens, à les inviter à un très nécessaire recul mais tout en privilégiant aussi le fun et la légèreté. Et après, quand le streumon est mort ou son pouvoir de nuisance ringardisé et minimisé, ils font ce qu'ils veulent, les gens. Sans quoi ça vire totalement fasciste. Bref, comme gueulait Graham Chapman dans Life of Brian : « I AM NOT THE MESSIAH ! NOW FUCK OFF ! ». Plus qu'un film, un mode d'emploi. 
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vendredi 7 septembre 2012

RTBF AVEC M COMME MOSIMANN


Vous vous en doutez si vous avez un peu suivi les clashs sur Facebook et Twitter, les réactions à ma chronique sur la RTBF DJ Experience ont été aussi nombreuses qu'hallucinantes. Ce n'est pas un texte dont je suis très content, trop l'impression de me répéter, mais contrairement à d'autres, à la mauvaise foi parfois exagérée pour le gag et le fun, il a au moins le mérite d'être très sincère : je pense vraiment que ce tout ce qui se trame là, ce que symbolise ce genre de soirée et de système médiatique, brainwashe totalement les gens et mérite d'être amplement conspué. Nananère.

Tout au long de la semaine, je me suis beaucoup amusé des réactions outrancières des fans de Quentin Mosimann, sans parler de la sienne (*), toutes plus totalement barges les unes que les autres, fanatiques, en mode drama queens grave, et confirmant de fait ce que la chronique critique. On a voulu me « signaler » sur Twitter comme on le fait pour bloquer des comptes pédophiles, racistes et nazis. On a invité à me pendre, avant de se rendre compte que c'était illégal et nié avoir publié un tel appel. On a prétendu m'avoir reconnu à Tours & Taxis alors que je lançais ivre mort ("bourasse" pour reprendre le terme exact!) des canettes de bière sur Quentin Mosimann lors de sa prestation. Au moment où c'est arrivé, j'étais pourtant déjà rentré chez moi, avec seulement trois bières dans le citron, vu le manque d'enthousiasme et le dégoût du rhum de pâtisserie. C'est rigolo tout ça, très. Mais ça fait un peu peur aussi, comme déjà expliqué ICI.

C'est aussi nettement moins amusant que de recevoir beaucoup de big ups, de messages d'encouragement, de promesses de coups à boire, de sincères félicitations et d'invitations à des soirées. Surtout quand c'est signé de membres du personnel de la RTBF, voire même de personnes attachées à l'émission The Voice, ou encore de journalistes un peu trop le cul entre deux chaises : obligés de vanter le système alors qu'ils sont fondamentalement d'accord avec ce que j'écris, sans pouvoir trop publiquement partager leur enthousiasme, of course. Ca aussi, ça fait un peu peur. Parce qu'avec d'un côté une grosse harde d'imbéciles zombiesques qui bouffe sans moufter tout ce qui sort des incubateurs de La Matrice et de l'autre une potentielle contre-offensive larvée qui s'écrase pour ne pas perdre son job et ses privilèges, souvent au nom de l'intérêt familial (des enfants à nourrir, you know), au bout du compte, il reste quand même foutrement peu de place pour que lorsque l'on secoue les cocotiers, les noix tombent ailleurs que sur votre propre gueule. Et ça, c'est pas juste un sketch noctambule de lundi matin, c'est un putain de drame !

(*) Monsieur @SergeCoosemans je ne vous souhaite jamais de vivre le moment que je viens de passer. On dit que les coups font avancer, ils font surtout très mal. Je respecte la liberté d'expression mais pas la calomnie: nous sommes en 2012, les clefs usb remplacent les vinyles. La télé a peut être tout changé, tout sauf l'essentiel, il faut toujours autant de travail et d'application pour faire danser les oreilles. Vous êtes le bienvenu derrière mes platines quand vous le souhaitez Monsieur.

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dimanche 2 septembre 2012

UN HYMNE

(RIP Hal David 1921 -2012)
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mercredi 29 août 2012

LA TRISTE MORT DU FACTEUR WAOW


Avec Caroline Music, le quasi (*) dernier disquaire indépendant de la ville qui disparaît, et la librairie Darakan qui ferme ses portes, c'est un « certain » Bruxelles « alternatif » qui se meurt encore un peu davantage. Soyons francs : ado, ces magasins ont beaucoup compté pour moi et, plus tard, ils sont devenus des buts de promenades en soi. Ces dernières années, par contre, je n'y achetais plus grand-chose. Peut-être qu'y claquer régulièrement 50 balles comme je le faisais jadis leur aurait permis de vivre encore quelques années ? Peut-être pas ? Il y a , je pense, quelque-chose d'inéluctable -l'air du temps, l'offre, la demande...- qui pousse au trou ce genre de commerces, au fond d'obédience punk. Disquaire indé et libraire spécialisé dans les trucs gay, les polars et le cinéma, ce sont sans doute des métiers disparus. Il va bien falloir l'admettre et passer à autre chose. Via un bête Iphone, j'ai aujourd'hui accès à plus de culture « alternative », de savoir et d'items commercialisés que Caroline Music et Darakan réunis n'auraient jamais pu m'en offrir. Je ne pense donc pas que c'est la culture « alternative » bruxelloise qui disparaît avec la fermeture de ces magasins. Ce sont plutôt quelques-uns de ses passeurs et de ses symboles qui disparaissent mais vu que l'accès à cette culture n'a jamais été aussi facile et neutre, est-ce tellement grave ?

A priori, non. Cela ne change quasi rien à ma consommation culturelle. Par contre, cela transforme énormément mon environnement, détruit un peu du lien qui m'unit à cette ville, à ses habitants. Je me ballade dans le Centre-Ville avec derrière l'oreille l'envie de claquer quelques kopecks et je ne trouve plus aucune vitrine qui ne me donne envie de la lécher, aucun magasin pour moi très engageant. Je suis dans un univers particulièrement repoussant de boutiques de fringues pour cagoles, demi-hipsters, Guetta en devenir et Flamoutches en pleine reconquista. Ca pue la gaufre, la praline, la babelute, le kebab, la bière et les moules. C'est plein de snacks pourris et de night-shops qui blanchissent l'argent du trafic international du fil de cuivre. Les dernières friperies rock ne sont même pas foutues de dégotter une veste de cuir correcte à Saint-Cloud ou Amsterdam et vendent donc leurs merdes de gitans par pure fainéantise. Je sais où trouver et acheter ce dont j'ai besoin, ce n'est pas le problème. Ce qui me chipote, c'est que je ne trouve plus aucun endroit où me laisser tenter par l'acte d'achat compulsif, où me faire séduire par le facteur Waow, cette euphorie shopping qui m'a jadis fait rapporter à la maison avec beaucoup de bonheur sur le paquet de bien grosses conneries des Galeries Agora, des petits disquaires, des bouquinistes, des vendeurs d'affiches et de babioles, etc... En fait, c'est tout comme si cette ville n'avait plus rien à offrir à des types comme moi, déjà vieux mais toujours rebelles, rigolards mais aussi portés sur la prise de tête au ciné et dans les livres, coquets mais trop pour H&M et pas assez pour Margiela et Dansaert. C'est comme si Bruxelles m'invitait à ne tout simplement plus sortir de chez moi et à tout gratter du web. Ou à rentrer dans le rang, choisir entre Louise, Uccle ou Rue Neuve. Ou alors à dégager. Mais pour aller où ? La dernière fois que j'ai été à Londres, c'était exactement pareil. Comme sans doute partout ailleurs. La disneylandisation de l'espace urbain et la victoire  absolue du puta-store, pas vraiment nouveau comme concept. What a waste.

(*) Il reste Sunset Music à La Bascule
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mardi 28 août 2012

UN HYMNE (MERCI PAPA)

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RETOUR DANS LES CHAMPS MAGNETIQUES



J'ai pas mal écouté Baxter Dury, Gravenhurst et The Brian Jonestown Massacre cette année mais tout cela relève de la navigation en terrain connu, balisé. C'est gentil, très agréable, addictif même, mais il n'y a là rien qui risque de briser les os du cul. Et puis, voilà qu'un pote poste hier soir un clip de Pye Corner Audio sur sa page Facebook et là, c'est la reconfiguration immédiate du cerveau, la tempête dans le slip, le coeur qui s'accélère, la joie d'enfin se coltiner quelque-chose qui échappe au tout-venant, aussi bien ficelé soit-il. Je retrouve chez Pye Corner Audio ce que j'ai admiré chez Coil ou Genesis P-Orridge, par exemple : une musique intransigeante certes mais, surtout, qu'au-delà des sons, il y ait une proposition de monde, un challenge intellectuel, une invitation à visiter des univers réellement marginaux ; où ça parle dans un beau brouillard bien fumeux (fumiste?) de vieilles machines, de science-fiction d'un autre temps et d'occultisme des campagnes britanniques. Vu mon background, quand j'écoute Pye Audio Corner, je m'imagine Yul Brynner marcher d'un air menaçant des minutes entières dans les couloirs vides d'un laboratoire d'entretien d'androïdes et John Carpenter, travaillant pour le coup avec Chris & Cosey, intégrer dans ses compositions les influences les plus sombres issues de la new-beat et de l'electro pré-techno. C'est tout à fait ça, Pye Corner Audio : une machine à fantasmes, à hyperliens, à souvenirs, à projections. Du revivalisme très méticuleux et très nerdy (bien davantage que chez Zombie Zombie, dans un genre pourtant proche) qui fait travailler l'imagination, les rêves, les sensations étranges, les réminescences. Une musique un peu passéiste, certes, mais aussi tout à fait apte à hanter n'importe qui s'étant déjà questionné sur le post-humanisme, le spleen nocturne des grandes villes éclairées au néon et l'aspect mortifère des autoroutes à 4 heures du matin, pour synthétiser le tout, le genre de proposition à la JG Ballard, à la PK Dick. En gros, un projet qui s'inscrit dans une longue, belle et grande tradition. Celle de la musique qui peut rendre dingue et qui s'adresse au cerveau plus ou moins conscient bien davantage qu'aux guibolles et à l'estomac.  



PS : Le Black Mill Tapes Volume 1 (2010) est juste monstrueux! 
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vendredi 24 août 2012

JEAN-CLAUDE GERLACHE, JEAN-CLAUDE DEGAGE !



Dernièrement en after chez un célèbre dj rock brusseleir à côté de qui Dop Saucisse et Jérôme Delvaux passent pour Garcimore et sa petite souris, le type se souvient que j'ai un jour pris mon pied sur Eddy Current Supression Ring et me conseille d'écouter le projet parallèle de quelques membres de ce groupe australien qui ressemble à un mélange de Fugazi et The Fall joués par de joyeux surfers pintés à la bière fraîche. Le conseil du jour levant s'appelle Total Control et l'album, Henge Beat, est paru l'an dernier sur Iron Lung Records. Bref, on a autant de chances de tomber dessus par hasard que de gagner à l'Euromillions et seul le bouche-à-oreille permettra éventuellement à cette musique de sortir de Melbourne et des blogs spécialisés. Rentré chez moi, je me suis bien écouté 367 fois d'affilée Carpet Rash, morceau que je trouve d'une classe énorme, épique, le genre de truc qu'Interpol faisait dans le temps, en nettement plus joufflu. Comme un gamin, j'ai pratiqué de la air guitar en reprenant les paroles en yaourt, surtout quand ça semble dire « Jean-Claude Gerlache, Jean-Claude dégage ! » Et après, je me suis enquillé presque autant de fois le reste du disque, qui est tout de même nettement plus classe dans le genre new-wave 2.0 que celui des Holograms, la hype scandinave rock du moment, ce machin que je ne comprend pas trop, vu que cela sonne surtout à mes oreilles comme une troupe de stand-up imitant tous les clichés du post-punk britannique de 1980, surtout l'accent. Chez Total Control, sans trop pousser, je dégotte par contre de la maîtrise, de l'intelligence, de l'esbroufe, une clotte de romantisme ténébreux, la volonté d'en découdre, de la morgue post-ado et de la morve de sale gosse. Tout ce qu'il faut et même un peu plus, en d'autres termes. 
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jeudi 16 août 2012

A BAD REVIEW CAN RUIN YOUR LUNCH

Comme à chaque fois que je secoue un peu le cocotier, on m'accuse d'être aigri, frustré, vilain, et patati et patata. Très amusé, je me suis demandé à quand remontait pour la première fois ce genre d'accusation envers un critique, tant c'est récurrent depuis ainsi dire toujours. DJ Eva Braun, par ailleurs critique littéraire et romaniste de formation, pense avoir retrouvé le premier zygoto à avoir ainsi colporté des ragots sur la balle d'un autre débilosse suite à un transit intestinal perturbé. Récit à 4 mains, et un tout gros poke pour sa peine. 

Le début de la critique littéraire, c'est La Poétique d'Aristote, où il balise les genres, considérant que certains sont plus « nobles »que d'autres. Harry Totote nous sort un gros traité sur comment bien faire de la littérature et, jusque là, tout va bien. Il faut de fait attendre quelques tours d'horloges, jusqu'au 17ème siècle, pour qu'une bande de branlos décide de figer ces règles et de tirer de La Poétique une interprétation dogmatique. Du coup, certains écrivains trouvent cela aussi lourd qu'un article d'Eric Zemmour et s'en plaignent chez Ruquier et Ardisson. Grosse polémique dont on retrouve la trace dans la préface du Bérénice de Racine, en 1671. Toute cette agitation intellectuelle, ce ping-pong brillantissime digne d'un vieux Patrice Leconte bien connu, cela fait pousser du melon, c'est le grand concours du mollet enflé : il ne tarde même pas à ce que certains critiques se targuent d'aider à la création des oeuvres. Boileau, par exemple, en vient un moment à faire croire qu'il est à l'origine d'écrits majeurs de La Fontaine, Molière et Racine. L'ambiance du moment, c'est comme pour les chroniqueurs de Rolling Stones, du NME et de Playboy dans les années 1970 : la totale hype, free drugs, free sex, Tony Montana déclassé. Le XVIIème siècle rationaliste fait des critiques des stars, des « censeurs solides et solitaires que la raison conduit et que le savoir éclaire » (Boileau toujours, pour le coup aussi éclairé que la station de métro du même nom). 

 Moins pressés que les flics lors d'une bagarre d'Arabes, les Romantiques déboulent 200 ans plus tard en se comportant comme les Tokyo Hotel de l'époque : un total plan émo. Entré dans les annales, un gros bon statut Facebook de Madame de Staël, le Nicola Sirkis d'alors, en appelle au « rétablissement des droits de l'originalité à la place du joug de la création », ce qui consiste tout simplement à envoyer chier le moindre détracteur. L'écrivain est perçu par le fan-club Mustango comme un génie solitaire que ne saurait atteindre la sale bave des vils crapauds, forcément jaloux, donc aigris. Et, décident-ils, pour qu'il y ait critique recevable, il faut que le critique soit lui-même créateur. Même s'ils s'habillent tous comme le groupe Visage, les Romantiques croient à l'individualité et au génie, et prônent que « chaque individu recommence, pour son compte, la tentative artistique et littéraire » (@MarcelProust en réponse à @Sainte-Beuve). Bref, c'est là que sur les forums de puceaux qui visitent les cimetières pour graver le nom de Mylène Farmer sur les tombes, on commence à se gausser des critiques qui ne peuvent atteindre de tels sommets créatifs. DJ Flaubert lâche dans la foulée le véritable boulet de canon qui chamboulera à jamais la vie de Thierry Coljon : « Je voudrais bien savoir ce que les poètes de tout temps ont eu de commun dans leurs œuvres avec ceux qui en ont fait l’analyse ! Plaute aurait ri d’Aristote s’il l’avait connu ! Corneille se débattait sous lui ! »

Au XXème siècle, les émos ont gagné et vont passer une bonne partie du centenaire à se branler la nouille sur plein de concepts un peu ardus à intégrer entre l'apéritif et l'écoute du dernier Brian Jonestown Massacre, plaisirs simples pour gens simples : analyse littéraire psychanalytique, sémiologie marxiste, sociologie structuraliste... Via Roland Barthes, qui n'est pas la père de Yann, et Bourdieu, qui n'est pas une insulte homophobe, on en viendra toutefois à réfléchir sur le concept même de critique et de valeur littéraire et/ou culturelle, ce qui détend tout le monde du gland et nous mène aux années 70 et 80 -Lester Bangs, Nick Kent, Antoine De Caunes, Gilles Verlant, Laurent Chalumeau, Nicolas Ungemuth- en gros, à cet étrange instant où les gens qui écrivent sur d'autres gens se sortent un peu les doigts du cul. Tout en se faisant malgré tout insulter par des zigomars calés sur des concepts émo-core du 19ème siècle. Alors, pas belle, la vie ? (sc + cd) 
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mercredi 15 août 2012

GODWIN BUT YOU LOSE



Je crois que c'est une grande chance que j'ai vécu les années 80, que ma façon de penser et mes goûts culturels s'y sont développés. Dans les magazines que je lisais (Starfix, Rock This Town...), les journalistes avaient souvent le verbe haut et joyeusement trash, jamais derniers pour la pignolade et la polémique. Non seulement, c'était amusant à lire mais en plus, cela développait vachement bien le sens critique. On n'était, par exemple, jamais certains que ce qui était publié relevait vraiment du premier degré. Ca apprenait à relativiser, à mieux appréhender un humour qui relève de ce que l'on appelle à Bruxelles la zwanze, cette rigolade prête à toutes les tortuosités pour provoquer le rire et, dans la foulée, la réflexion.

En 1994, quand est venu mon tour d'écrire sur la musique, c'était ça, mon background, où les Snuls prenaient nettement plus de place que Lester Bangs et Yves Adrien. Je ne désirais pas provoquer, je voulais surtout bien faire et bien faire, vu tout ce que j'avais lu, c'était donc pratiquer la pignolade. Dès les premières lignes sorties dans RifRaf, cela a généré du remous. Je pensais assez innocemment que les gens avaient tous le recul nécessaire, le même genre d'attentes et d'envies pour bien appréhender ce que je pondais, mais ce n'était pas vraiment le cas. J'ai vite découvert que beaucoup de lecteurs n'attendaient au fond qu'un service basique et pas une suite de cabrioles : savoir si un disque est sorti, s'il est bon ou mauvais, qui joue dessus, etc... Pire, pour certains, rire des trucs qu'ils apprécient revient à ricaner de la taille de leurs zobs, charrier leur identité, rabaisser leur sentiment de différenciation des masses. Dézinguer leurs rêves à la sulfateuse.

Quand j'ai pris conscience que ce j'écrivais provoquait ce genre d'idiotes outrances, loin de me faire changer mon fusil d'épaule, cela m'a donné envie d'y aller vraiment à fond les ballons. Parce que c'est mon type d'humour et que j'aime propager le rire. Mais aussi parce que j'estime que l'exagération et la satire sont parmi les meilleurs chemins pour mener au recul, à la réflexion et à l'émancipation envers certains codes (qui ont dans la musique toujours été chiants et stupides au possible : l'electro n'est pas de la musique, le rap est mort dans 5 ans, les Smiths c'est pour les pédés, ce genre...)

C'étaient les années 90 et quand on publiait à cette époque des trucs dans les magazines, on n'avait pas forcément de retour. On entendait des rumeurs de big ups ou de volontés de cassages de gueules, on recevait parfois une lettre d'insultes mais en gros, ce qu'on écrivait, on en discutait au mieux entre potes ou en réunion de rédaction mais pour ainsi dire jamais avec les lecteurs. Puis est venu le web et toute l'enroule des commentaires spontanés sous les textes publiés on-line. Contrairement à beaucoup d'autres, je n'ai jamais cru que cela révolutionnerait quoi que ce soit. J'ai même dès le départ considéré que c'était un gadget à double tranchant : très chouette quand il s'agit de dénoncer des escroqueries médiatiques mais nettement plus sujet à caution quand, sans modération, n'importe qui se permet de publier n'importe quoi et que ce n'importe quoi, à force d'être partagé, linké et répété sans vérification, en vient à obscurcir la vérité.

Insultes, menaces, tentatives d'intimidation, ragots comme quoi je serais en passe de perdre mon job... Le lynchage sur la page du Brussels Summer Festival (lien au post précédent) m'amuse nettement plus qu'il ne me tracasse. C'est du troll anecdotique, particulièrement mongolien de la part de certains. Il me confirme ce que je pense depuis longtemps : qu'un véritable boulot critique, léger et marrant, à la française, n'est pas attendu, ni désiré, en Belgique, où une grosse majorité de veaux marins s'attend surtout à voir confirmés leurs propres emballements, la prose du journaliste servant juste idéalement de cachet « bon pour le service ». Je pense que cela explique cette tendance à ne plus jamais prendre position dans les médias, sauf quand il s'agit de tirer de temps à autre sur une ambulance pour donner bonne conscience à son éthique en toc. En 2012 comme en 1994, moi, ça me fait pisser de rire et cela me pousse à en rajouter 35 tonnes, clin d'oeil love-love à tous ceux qui apprécient (une bonne petite armée, tout de même) et impression hautement jouette de passer un bâton sur les barreaux de la cage où s'enculent tous les autres.

N'en demeure pas moins que toutes ces conneries, tous ces gens qui partent en vrille au quart de tour, tous ces types qui m'insultent dès la deuxième ligne sans même savoir qui je suis, ces autres crétins qui prétendent savoir des choses sur moi alors qu'ils flottent dans leur fange à 25 plaques de là, tout cela donc, ne donne tout de même pas une très belle image de l'humanité contemporaine. J'en suis là suite à un article sur un festival de vieilles gloires sur le retour, rien de grave, on se marre bien. Je rigole par contre nettement moins quand le même genre d'emballements populaires, irréfléchis et total western suit un article sur la libération de Michèle Martin, l'Islam, les Juifs, le 11 septembre, l'Iran ou la burqah. Car c'est bien le même élan qui allume la mèche. Et au bout de la mèche, je ne pense pas être le seul à craindre qu'il y ait un jour plutôt prochain la police de la pensée et les camps de concentration. Tout simplement, très sincèrement, totalement cash. Godwin but you lose. 

PS : Bande de nazivereirs!!!
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THIS IS BLOODY FUNNY

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mercredi 8 août 2012

UN HYMNE (mais alors grave)


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mercredi 1 août 2012

PREM'S SUR LA HYPE


J'ai retrouvé un vieux texte refilé à un gars du nom de Kooolman pour un projet participatif du temps où je ne faisais pas la guerre à tout ce qui bouge dans la branlosphère belgo-wallonne et j'ai été très étonné de ne pas en être honteux. Le voici ressurgi des profondeurs des internets : 

Fin novembre 1989, un peu en retard pour mes 20 ans, le cosmos, l’armée américaine ou une étrange maladie du cerveau dont c’était le premier symptôme, m’ont offert un OVNI. Une vraie boule dans le ciel, ouais, qui bougeait selon une trajectoire bizarre, impossible ; grossissait et rapetissait en moins de temps qu’il ne faut pour s’en étonner. J’étais dans les bois de la région de Spa, à plat ventre derrière une grosse bûche, un fusil-mitrailleur pointé sur un sentier. J’étais milicien et mon peloton était en exercice nocturne. Du sentier allait surgir la patrouille soi-disant ennemie et nous allions devoir crier pan-pan avec toute la conviction du monde pour montrer aux chefs que nous étions de vrais tueurs ; que si ça avaient été des Russes sur ce sentier gelé et non de pauvres trouffions d’une compagnie flamande, ça aurait été un véritable carnage.

Ca me faisait chier de jouer à la guerre et je n’avais pas peur d’être puni puisque puni consistait principalement à nettoyer des chiottes et des bureaux. Soit passer sa vie à l’intérieur de la caserne chauffée, ce qui est toujours mieux que de courir dans la neige ! J’étais frigorifié, j’avais envie d’une clope, d’un lit, d’un bouquin, d’un grog et surtout, d’être démobilisé. Je l’avais mauvaise mais la nuit était belle et c’est en admirant ce ciel d’hiver que j’ai remarqué l’anomalie, l’OVNI. J’ai depuis raconté des milliers de fois comment ça bougeait ; qu’il n’était pas possible de confondre avec une étoile, un avion, un laser de discothèque ou le phare d’un hélicoptère. Mon histoire d’OVNI, c’est la petite anecdote que je radoterai systématiquement quand je serai grand-père, celle qui fera rire ma descendance et soupirer les infirmières de l’unité de soins palliatifs. Mon histoire d’OVNI, je n’ai pas de honte à la raconter, je me fous même totalement que l’on me croie ou non.

Dans les bois, ce soir là, nous étions une cinquantaine à faire semblant de nous tirer dessus et j’étais le seul le pif en l’air, complètement subjugué par ce que je voyais. Personne d’autre n’a vu ce machin parce qu’ils étaient tellement horrifiés à l’idée de peler des patates qu’ils hurlaient tous « pan pan » comme des cons en se concentrant sur les Flamands qui se faisaient niquer sur le sentier. Moi, j’étais là à indiquer le ciel et ils me criaient tous de la fermer, que j’allais énerver le sergent, qu’il fallait que je crie « pan pan » moi aussi. Etre témoin d’un truc qui n’est pas sensé exister, ça marque ! Alors, j’ai cherché des réponses, lu tous les bouquins pourris, vu tous les documentaires crétins. Cette connaissance de théories à la Jacques Pradel, je m’en serais bien passé. Il ne s’agit pas d’une croyance, j’ai vu un truc qui a déstabilisé ma vision du monde et j’ai tenté de réparer l’anomalie, avant de décider de m’en foutre, sans quoi j’en serais probablement aujourd’hui à courir les symposiums d’illuminés !


Mon OVNI, il est sur un film amateur tourné dans la région des bases militaires du Nevada. Quelques secondes paumées au milieu d’un festival d’« images chocs » en toc et de « révélations inédites » tartignolles. Quelques secondes pour me rappeler que je ne suis pas cinglé, que d’autres ont vu la même chose que moi, que ce n’est pas un phénomène unique mais bien un truc qui se répète sous d’autres cieux… Signes avant-coureurs d’une invasion planétaire ou preuve que les Américains ont une armada prototype de oufs, ce n’est pas mon schbinzz. Moi, je tiens juste à souligner que j’ai été prem’s sur la hype, que les OVNI belges, j’y étais dès le premier soir !
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mercredi 18 juillet 2012

THE KILLING JOKE

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POINTS PAR POINTS


(work in progress, suggestions bienvenues...)

Le Point Godwin
Dans une discussion animée sur le web, se dit d'une comparaison plutôt foireuse impliquant les nazis et Adolf Hitler.
Exemple : Von Ribbentrop, t'es vraiment rien qu'un gros faf, spèce de sale nazi.

Le Point Godwin Royal de Noël. 
Depuis décembre 2012, se dit d'un discours royal qui s'aliène quasi la moitié d'un pays. Mélange de fuck off, de chant du cygne et de gagatisme avancé.
Exemple : Continuez à voter pour ces labbekaks et dans 15 ans, on parque les Francophones à Walibi.

Le Point Geldof
Lors d'une discussion sur la misère et la pauvreté, se dit du moment où quelqu'un compare le contexte local à la situation de famine en Afrique.
Exemple : Bien sûr, c'est triste mais c'est tout de même beaucoup moins grave que ce que vivent les tinenfants en Somalie ou au Darfour.

Le Point Pulvar
Se dit du moment où quelqu'un attaqué sur sa légitimité et ses capacités à mener à bien un projet rabaisse les critiques à du simple racisme et/ou à du machisme plus ou moins conscient.
Exemple : Je n'ai pas merdé avec Sébastien Tellier, je n'ai pas merdé avec Martin Solveig ! Vous ne dites cela que parce que je suis noire et que cela vous dérange de voir une femme noire questionner la légitimité artistique d'hommes blancs ! 

Le Point Didjé
Sur Twitter, en Belgique francophone, se dit du moment où l'intervenant fait un point météo dans un contexte ne s'y prêtant guère.
Exemple : Nous envisageons de bombarder les troupes de Bachar El Assad mais la vraie nouvelle, c'est que le soleil brille enfin à Liège et à Uccle.

Le Point Manaudou
Se dit du moment où l'influence des jeux vidéo est mise en cause pour expliquer la propagation de la violence.
Exemple : Je suis convaincue que Marc Dutroux jouait à Galaga et Q-Bert dans sa jeunesse.

Le Point Mouloud
Se dit du moment où quelqu'un compare le nombre de morts d'un attentat en occident à celui causé par la politique étrangère américaine en Afrique ou dans le monde islamique.
Exemple : Et les drones, ils tuent combien de gens par jour dont on n'entend jamais parler? 

Le Point Twittos
Se dit du moment auquel un échange de bonnes blagues en mode public sur les réseaux sociaux est caviardé par l'apparition d'un Twittos sorti de nulle part, nullement invité à participer, et qui impose ses gênantes nullités.
Exemple : Vous connaissez le point Maingain?

Le Point Beigbeder
Se dit du moment où quelqu'un se fait virer d'une entreprise après avoir écrit qu'elle fabriquait des nullités.
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