mercredi 16 juillet 2014

QUAND JE LIS UNE GROSSE CONNERIE DE NICOLAS CROUSSE, JE SORS MON REVOLVER

Je n'ai pas vu Transformers 4 : The Age of Extinction et je ne compte pas le voir. Je déteste cordialement ce genre de films, ce n'est pas du tout ma came. Quand on en vient à écrire sur le cinéma avec la prétention d'informer le public, je ne pense toutefois pas que l'on puisse encore balayer un produit de ce type d'une bête chronique pleine de poncifs. C'est sur Cracked.com ou Den of Geek, je pense, que j'ai appris que si, depuis quelques années, tous les blockbusters se ressemblent, c'est principalement du fait qu'une sorte de Grand Gourou du Script Post-Moderne a vendu sa méthode jackpot de merde à la plupart des producteurs actuellement en activité (ces mecs sont des industriels, pas des artistes : rentrez vous ça dans le crâne une bonne fois pour toutes!). J'ai aussi lu, cette fois dans Mainstream de Frédéric Martel, que le principal public désormais visé par Hollywood n'est plus américain, ni européen, mais chinois, voire arabe. Ce qui explique, dans la plupart des films actuels, les couches de propagande libérale, de politiquement correct et d'archétypes à la louche. On ne heurte pas les sensibilités des grands marchés émergents. J'adore sinon le concept de « destruction porn », qui se moque de cette manie de détruire des villes entières dans le moindre bouzin de super-héros ou de monstres. Bref, il y a matière à écrire, dénoncer, se moquer et jubiler à partir de cette pop-culture à la con et Cracked.com le fait très bien. Ici, en Belgique médiatique, notamment dans Le Soir, on préfère par contre toujours se draper dans une posture d'esthète indigné dès qu'un film se montre trop enfantin, simplet, commercial, pop-corn. Le chroniqueur Nicolas Crousse l'a encore démontré ce mercredi matin avec une courte chronique au sujet de Transformers 4 aussi ridicule que mal torchée, en fait carrément scandaleuse.

« Gageons, (écrit Crousse), qu’il se trouvera quelques inconditionnels du genre pour adopter ce grand jeu vidéo filmé. En ce sens, le service minimum de ce blockbuster d’été est garanti. Mais c’est à peu près tout. Le quatrième volet de Transformers ressemble à une bouillabaisse californienne (celle avec moult pop-corn et ketch-up), qui revisiterait dans le désordre Fast and furious, King Kong, Noé, La guerre des mondes ou même Godzilla. Autrement dit, des belles bagnoles, de grands singes de ferrailles, des bastons d’extraterrestres, des tours infernales… Transformers est en somme à Hollywood ce que la musique de Richard Wagner était au régime hitlérien : un hymne national ! »

Un. Dire d'un film bourrin qu'il fait penser à un jeu vidéo est une erreur classique de critique déclassé, voire franchement réac. Il existe en fait très peu de films qui donnent réellement l'impression d'un jeu vidéo filmé et ils n'ont pour la plupart RIEN A VOIR avec un blockbuster classique, notamment beaucoup plus sinueux dans la narration et davantage immersifs que le « Pan dans ta gueule » habituel. Je pense à Matrix 1, Silent Hill, Avalon, Existenz et, plus récemment, The Edge of Tomorrow, le moins mauvais des Tom Cruise récents. Par ailleurs, Transformers est surtout une adaptation filmée d'un dessin animé lui-même dérivé d'une ligne de jouets. Les jeux vidéo ne sont qu'assez accessoires dans cette franchise.

Deux. La bouillabaisse californienne existe et ni pop-corn, ni ketchup n'entrent dans sa recette. Celle-ci est même carrément plus fancy, je trouve, que la façon de touiller la bouillabaisse française traditionnelle. Bref, après « le jeu vidéo, c'est pour les idiots », voilà qu'on nous fait comprendre que « les Amerloques n'ont aucune culture culinaire ». Mon cher ami, faites vous donc plaisir, vous reprendrez bien une louche de ce bon gros clicheton des familles ?

Trois. Si Transformers 4 a l'air de revisiter « dans le désordre Fast & Furious, King Kong, Noé, La Guerre des Mondes et même Godzilla », il ne faut tout de même pas oublier que ça reste en fait l'adaptation live de l'arc narratif des Dinobots, dont la version en dessin animée a débuté aux Etats-Unis le 27 octobre 1984, alors que Vin Diesel n'avait même pas encore passé son permis de conduire. Par ailleurs, moi, je ne vois quasi aucun point commun entre le King Kong bien geek de Peter Jackson, le Noé quasi sous ecstasy d'Aronofsky et un Godzilla lent et arty surtout éhontément pompé de Cloverfield. Qui était une putain de bonne surprise punk, celui-là... En matant la bande-annonce, je trouve sinon que Transformers 4 ressemble surtout à Transformers 3. Et à The Avengers, qui n'aura cesse d'être copié pour les 20 ans à venir par tous ceux qui espèrent gagner ne fut-ce qu'un dixième de son tout gros tas de dollars. 

Quatre. « Transformers est en somme à Hollywood ce que la musique de Richard Wagner était au régime hitlérien : un hymne national ! », écrit Nicolas Crousse. Outre d'être déjà un magnifique Point Godwinobot, cette assertion est aussi complètement crétine. L'hymne national nazi existe, c'est la Horst Wessel Lied, composée donc par Horst Wessel et non pas par Richie Wagner, qui était déjà bien raide alors qu'Hitler devenait hype. Il se fait que la Horst Wessel Lied, le plus souvent chantée par les SS en medley avec Deutschland Ubber Alles, évoque davantage la saloperie humaine bien réelle que la supposée lourdeur teutonne et c'est certainement pourquoi Nicolas Crousse s'est permis un peu de révisionnisme au moment de faire sa petite blague toute en finesse humoristique, n'osant quand même pas y aller trop cash. Ach, gröbbe rigolade.  

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