vendredi 16 avril 2021

LE JOURNAL DU QUINCADO (7)

Avril 2021 - Une cuite, une seule, depuis le début de l'année. Facebook désactivé et probablement bientôt totalement supprimé. Plus aucun intérêt pour le binge-drinking de communication politique, de journalisme pandémique, de polémiques de plus en plus gorafiques, de wokeries, de racialtrucs, de féminibrols, de Charlie, de pas Charlie, d' islamo-gauchisme, de trolls de droite, de Bouchez, d'Ecolo... Je ne sais pas si c'est la cinquantaine ou la lassitude des vieilles habitudes mais depuis le début de l'année, je m'allège. Marre des gueules de bois. Marre des gueules de cons. Jamais eu besoin de Marie Kondo pour me débarrasser de ce qui m'emmerde, je préfère la méthode « Victor, nettoyeur », propre et nette. J'ai bien eu un peu peur de perdre le mojo de la tchatche et le sens de la formule en arrêtant la murge mais ça a curieusement été très facile et sans fâcheuses conséquences. Trois mois seulement d'abstinence totale et me voilà aujourd'hui à nouveau capable de boire une seule bière pour le goût, pas l'effet, sans automatiquement la faire suivre d'un litre de vin et d'une douzaine de shots de vodka ou de whisky. Je ne me sens pas spécialement mieux, libéré ou renouvelé. J'ai juste arrêté quelque-chose qui commençait à sérieusement me les briser : picoler devant l'ordinateur, picoler sur les réseaux sociaux. Quelque-chose que je faisais avec un plaisir certain mais qui est devenu drôlement moins fun depuis le Covid, les confinements à répétition, les incompétences que cela trahit et les emballements qui en découlent. Depuis que les gens sont vraiment à cran et les algorithmes désormais programmés par des gros veaux, aussi. J'ai arrêté l'alcool régulier en 2021 mais à l'avenir, je boirai encore excessivement, parce que j'aime ça et que c'est très gai en bonne compagnie. Le jour où je me coupe des réseaux sociaux, en revanche, je n'y reviendrai pas, vu qu'ils me semblent d'une part plus nocifs que la pire piquette et que je n' en attends sinon plus grand-chose. Ce dont on ne se rend pas forcément compte bourré.


Tant qu'à s'alléger de pesantes couillonnades, j'ai aussi décidé que documents administratifs et quelques tracts strictement utilitaires mis à part, je ne lirai plus rien en écriture inclusive. Plus aucune patience pour ces conneries, direct à la poubelle. Ca m'est venu en essayant de piger un résumé de légende américaine du XVIIIème retartiné à la sauce militante post-moderniste. Résultat non seulement illisible mais surtout niais. Pourtant, en soi, la légende en question, La Boueuse du Mississipi, m'intéresse. Mais juste la légende, pas l'interprétation militante à trois siècles d'écart par une artiste européenne dont je n'ai que foutre des tentatives, via le recours à cette écriture spécifique, de m'obliger à réfléchir sur la place des femmes dans la société contemporaine francophone. Je veux juste la bonne histoire de monstre du XVIIIème siècle telle qu'elle s'est transmise depuis. Pas le préchi-prêcha à la mode qui s'en sert comme prétexte pour tenter de hacker mon cerveau et me transformer en « allié » dans la lutte contre le Patriarcat. L'écriture inclusive est une arme idéologique, pas un outil de communication. Or, après avoir lu Douglas Murray et écouté des podcasts où s'exprime Andrew Doyle, j'en retiens principalement qu'il faut savoir dire non à toutes ces conneries intersectionnelles, ces visions zinzin des hiérarchies sociales, ce wokisme identitaire crétin. NON. J'aime bien ce mot. Depuis tout petit, je suis marqué par quelques refus célèbres de la pop culture. Celui du singe César qui dit NON aux humains dans un épisode un peu piteux de la franchise originelle de La Planète des Singes. Le NON du Surfer d'Argent à Galactus. Le « Here is a man who would not take it anymore » de Taxi Driver. Easy Rider, Vanishing Point, The Graduate : aussi que des refus. Mon mot préféré dans la vie est probablement « saucisse », toujours assuré de me faire bidonner et superbe insulte. Au moment de faire les comptes, « NON » n'est cela dit quand même pas loin derrière. 


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